ÉTATS-UNIS

L'opérateur téléphonique AT&T sabre dans ses effectifs

Les plans de restructuration se multiplient dans les entreprises américaines. Dans les mois à venir, près de 22 000 emplois au total seront supprimés, notamment chez le géant AT&T qui devrait licencier 12 000 personnes d'ici un an.

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AFP - Les entreprises américaines, désormais convaincues que la crise économique sera longue et profonde, multiplient les plans de restructurations et les annonces de milliers de suppression d'emplois.

En moins de 24 heures, de grandes entreprises ont annoncé des licenciements qui, cumulés, vont toucher près de 22.000 personnes. La finance, la chimie, l'informatique, la téléphonie, les médias: aucun secteur ne semble épargné.

En chiffres bruts, l'opérateur téléphonique AT&T a lâché une bombe: 12.000 emplois vont disparaître d'ici un an. Ce chiffre ne représente toutefois "que" 4% de ses salariés, alors que chez le beaucoup plus petit Viacom (TV et cinéma), le départ attendu de 850 personnes représente près de 8% des effectifs.

Le grand chimiste DuPont a de son côté annoncé la suppression de 2.500 emplois en Amérique du Nord et en Europe (plus de 4% de ses effectifs totaux), sans compter l'interruption du contrat de 4.000 intérimaires.

Mercredi soir, c'est le fabricant de logiciels Adobe qui avait annoncé le départ de 600 personnes, soit près de 9% de ses effectifs. A la banque bostonienne State Street, pourtant tout juste recapitalisée par l'Etat fédéral à hauteur de 2 milliards de dollars, entre 1.600 à 1.800 personnes ne s'approcheront plus des guichets.

Chaque fois, les directions de ces sociétés, toutes bénéficiaires, avancent les mêmes arguments: il faut "faire face aux défis actuels du marché et renforcer la compétitivité du groupe en 2009", a fait valoir DuPont.

State Street va plus loin: elle licencie non seulement pour mieux résister, mais pour préserver "la croissance régulières des bénéfices", qui en dépassant les 10% ont de quoi faire bien des envieux dans un monde financier sinistré.

Et tandis que les gros groupes médiatisent leurs restructurations, des PME se mettent aussi à sabrer dans les emplois, notamment dans les services, dont l'activité est au plus bas depuis onze ans.

Le tout, alors que le pays retient son souffle en attendant de voir si les trois grands constructeurs automobiles échapperont à la faillite, alors que le secteur représenterait jusqu'à trois millions d'emplois directs et indirects.

Résultat, le chômage grimpe. En dépit d'une baisse trompeuse des inscriptions hebdomadaires au chômage publiée jeudi - essentiellement due au creux d'activité lié au long week-end de Thanksgiving - la proportion des sans-emploi grimpe inexorablement.

Les économistes s'attendent à ce que le ministère du Travail annonce vendredi un bond à 6,8% du taux de chômage, au plus haut depuis plus de 15 ans.

L'économiste Peter Morici, professeur à l'Université du Maryland, estime quant à lui qu'un chiffre plus exact, tenant compte du nombre d'Américains ayant renoncé à chercher un emploi, et de ceux qui préfèreraient travailler à temps plein plutôt qu'à temps partiel, avoisinerait les 12%.

Et le tableau n'est pas près de s'éclaircir, à en croire M. Morici, avec des suppressions d'emploi mensuelles dépassant les 200.000 cas --typiques d'une grave récession-- à attendre pour "plusieurs mois".

Le problème, comme le relève M. Morici, c'est que ces licenciements à tour de bras ont toutes les chances d'entretenir un cercle vicieux: "les entreprises américaines tout simplement n'embauchent pas et ne construisent pas pour l'avenir aux Etats-Unis, ce qui est de mauvais augure pour la croissance du produit intérieur brut au deuxième semestre 2009 et au-delà".

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