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Le choléra se propage, Mugabe sous le feu des critiques

Au moins 565 personnes auraient trouvé la mort dans une épidémie de choléra qui frappe le Zimbabwe. La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, estime qu'il est "plus que temps" que le président zimbabwéen passe la main.

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Au lendemain de l’appel à l’aide du Zimbabwe à la communauté internationale pour lutter contre le choléra, déclaré urgence nationale par le gouvernement, l’Afrique du Sud voisine a décidé d’envoyer, dès lundi, une mission d’évaluation à Harare.

 

L’échec du président Robert Mugabe et du leader de l’opposition Morgan Tsvangirai à mettre en œuvre l’accord de partage de pouvoir bloque la lutte contre la crise humanitaire au Zimbabwe.

 

Depuis les élections de mars dernier, qui ont vu l’opposition remporter la majorité au Parlement contre la Zanu-PF, le parti du Mugabe, le pays est en proie à une impasse politique. Souffrant de surcroît d’une crise économique sans précédent, le Zimbabwe semble incapable de faire face à l'épidémie. Les personnels médicaux ne sont pas payés, les hôpitaux manquent de médicaments.

 

Quand Desmond Tutu réclame le départ de Mugabe...

 

En Afrique du Sud, le très influent archevêque anglican Desmond Tutu a réclamé le départ de "Comrad Bob", au pouvoir depuis l'indépendance du pays, en 1980.

 

Dans une interview donnée, ce jeudi, à une chaîne publique néerlandaise, l’archevêque anglican, lauréat du prix Nobel de la paix en 1984, a déclaré : "Je pense que le monde doit maintenant lui dire : 'Vous avez été responsable d'une multitude de violations flagrantes et vous allez être inculpé à La Haye à moins que vous démissionniez'." Et l’ecclésiastique d’ajouter que si Mugabe refusait de s’en aller, il devrait alors être chassé du pouvoir "militairement".

 

D’autres dirigeants africains, comme le Premier ministre kenyan Raila Odinga, ont souhaité le départ de l'homme fort d'Harare. "Il est temps pour les gouvernements africains d'entreprendre des actions décisives pour l'écarter du pouvoir", a-t-il déclaré, jeudi.

 

Vendredi, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a accentué la pression sur Mugabe, estimant qu’il était désormais "plus que temps" pour lui de quitter la scène politique. Elle a également qualifié les négociations de partage de pouvoir avec l’opposition "d’imposture".

 

Des dirigeants de l’Union européenne (UE) se sont joints à la critique envers le dirigeant zimbabwéen, menaçant de durcir les sanctions contre Harare, notamment en rallongeant la liste des personnes interdites d’entrée dans l’UE.

 

L’appel à l’aide d’un pays au bord du gouffre

 

Jeudi, le ministre de la Santé zimbabwéen David Parirenyatwa, a finalement demandé l’aide de la communauté internationale pour lutter contre l’épidémie de choléra qui s’est déclarée en août. "Nos hôpitaux ne fonctionnent absolument pas", a-t-il reconnu.

 

Selon Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), "tout le système de santé est en train de s'écrouler : il n'y a plus de médecins, plus d'infirmières, plus de spécialistes".

 

A la suite de cet appel et au vu de l’ampleur de la crise humanitaire, le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale, a débloqué une aide de 10 millions de livres (11,5 millions d'euros). L’UE a, de son côté, offert une aide de 200 000 euros à la Croix-Rouge et à d’autres organisations humanitaires. Les Etats-Unis ont fait, quant à eux, don de 600 000 dollars.

 

L’épidémie de choléra au Zimbabwe est due à l’état déplorable des installations d’eau dans le pays. Les coupures d’eau courante ont poussé les habitants à boire des eaux souillées.


Pour Fadéla Chaïb, la porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il s'agit "de la plus importante épidémie depuis 1992, lorsque le choléra avait fait 3 000 morts".

 

Chaque jour des milliers de Zimbabwéens quittent le pays en direction de l’Afrique du Sud ou du Mozambique pour fuir l’épidémie. Selon l’organisation Human Rights Watch (HRW), la maladie risque de s'étendre à l'Afrique du Sud si les conditions de vie des réfugiés ayant franchi la frontière pour fuir la maladie ne s’améliore pas.

 

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