UE - TIBET

Nicolas Sarkozy rencontre le dalaï-lama en Pologne

En dépit des pressions exercées par les dirigeants chinois, le président français Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec le chef spirituel tibétain à Gdansk. Il relativise la portée de cette rencontre qui a provoquée l'ire de la Chine.

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AFP -
Le président français Nicolas Sarkozy a rencontré pour la première fois le dalaï lama, samedi à Gdansk (Pologne), tout en relativisant la crise engendrée par cette rencontre avec la Chine qui doit, selon lui, prendre "toute sa place dans la gouvernance mondiale".

M. Sarkozy a profité d'un déplacement dans la cité hanséatique du nord de la Pologne, où se déroulait une cérémonie réunissant plusieurs Nobel de la Paix autour de Lech Walesa, ancien président polonais et dirigeant historique du syndicat Solidarnosc, pour rencontrer le leader tibétain, nobelisé en 1989.

Il avait auparavant déjeuné avec les dirigeants de neufs pays d'Europe de l'est, membres de l'Union européenne, pour discuter avec eux du "paquet énergie-climat", une de ses priorités en tant que président en exercice du Conseil européen.

M. Sarkozy est venu à Gdansk accompagné de son ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, et de sa secrétaire aux droits de l'Homme, Rama Yade.

L'entretien qu'il a eu, en tête à tête, avec le dalaï lama, a duré environ une demi-heure et "s'est très bien passé", a-t-il ensuite confié à la presse.

Au début de la rencontre, le dalaï lama a posé sur ses épaules le kata, la traditionnelle écharpe blanche tibétaine. "C'est notre tradition", lui a-t-il glissé.

"Le dalaï lama m'a indiqué combien il avait soutenu mon voyage à Pékin pour les Jeux olympiques et combien lui-même avait souhaité que les Jeux olympiques soient un succès pour les autorités chinoises", a déclaré M. Sarkozy aux journalistes.

Le déplacement de M. Sarkozy, en tant que président du Conseil européen, à la cérémonie d'ouverture des JO, le 8 août, avait été critiqué en France par l'opposition et par des organisations de droits de l'Homme.

"Le dalaï lama m'a confirmé - ce que je savais d'ailleurs - qu'il ne demandait pas l'indépendance du Tibet, et je lui ai dit combien j'attachais de l'importance à la poursuite de (son) dialogue avec les autorités chinoises", a également déclaré M. Sarkozy.

"Les autorités chinoises savaient d'ailleurs parfaitement que ce rendez-vous aurait lieu avant la fin de l'année. Je l'avais toujours dit", a souligné le président français.

L'imminence de la rencontre a déclenché les foudres des autorités chinoises, particulièrement sensibles à la question du Tibet et de son leader spirituel. Pékin a menacé de boycotter les produits français en Chine, et à la veille de la rencontre de Gdansk, les appels au boycottage se sont multipliés sur la toile chinoise.

Mais le président Sarkozy s'est efforcé de calmer la situation, en prenant soin de ménager les Chinois.

"Il faut gérer tout ceci avec sérénité, avec calme. Il faut le faire sur le long terme", a-t-il dit, en laissant entendre qu'il fallait ramener ces événements à leur juste mesure.

"Je souhaite que la Chine prenne toute sa place dans la gouvernance mondiale. Nous avons besoin de la Chine pour résoudre les grands problèmes dans le monde, que la Chine dialogue, comme le président Hu Jintao a commencé, avec le dalaï lama", a-t-il insisté.

Lors d'une conférence de presse, tenue conjointement avec les neuf autres dirigeants européens, peu avant de rencontrer le dalaï lama, M. Sarkozy avait déjà affirmé qu'il convenait de "ne pas dramatiser" cette rencontre. "Ne tendons pas les choses", avait-il insisté.

"Je suis libre en tant que président de la République française de mon agenda" et "en tant que président du Conseil européen, je porte des valeurs, des convictions. C'était mon devoir de le faire, je le fais bien volontiers", avait-il également déclaré.

Concernant la situation au Tibet, et avec le même souci de ménager les Chinois, M. Sarkozy a simplement affirmé qu'il avait fait avec le dalaï lama "un large tour d'horizon de cette question", sans développer. "Le dalaï lama m'a fait part de ses inquiétudes, inquiétudes qui sont partagées en Europe", a-t-il toutefois ajouté.

Au printemps, lors de la sévère répression chinoise contre les manifestants tibétains, il s'était déclaré "choqué".
  

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