PARTI SOCIALISTE

Une équipe dirigeante sans "royalistes"

Les partisans de Ségolène Royal refusent de participer à la direction du Parti socialiste, qui doit être entérinée lors du Conseil national du parti. Martine Aubry assure pourtant que la porte reste "totalement ouverte" à son ancienne rivale.

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AFP - La première secrétaire du PS Martine Aubry soumettra samedi, après d'âpres négociations, au Conseil national (parlement du parti), une orientation politique et une équipe dirigeante, sans parvenir à rallier l'équipe de son ex-rivale Ségolène Royal.

Réunis samedi matin dans un grand hôtel parisien, les quelque 300 membres du Conseil national élus au Congrès de Reims doivent entériner à la fois un texte d'orientation politique et les membres du secrétariat national, "gouvernement" de la numéro un du parti.

Après un Congrès de Reims désastreux à la mi-novembre, Mme Aubry, élue sur le fil avec 50% des voix contre sa rivale Ségolène Royal, avait annoncé sa volonté de rassembler tout le parti, pour préparer la "renaissance" du PS blessé par sa crise de leadership.

Après des négociations serrées toute cette semaine entre ses partisans (24% des voix lors du vote des militants), ceux de Bertrand Delanoë (25%) et de Benoît Hamon (18,5%), un texte d'orientation a été acté entre les trois et soumis in extremis vendredi matin à l'équipe de Mme Royal.

Dans l'après-midi est tombée la réponse des proches de l'ex-candidate à la présidentielle: "les conditions d'un rassemblement ne sont pas là, et la responsabilité en incombe à Martine Aubry", a affirmé Vincent Peillon, qui a déploré "les conditions extrêmement tardives" dans lesquelles le texte leur a été communiqué.

"Ce texte ne peut constituer une feuille de route pour un rassemblement", a ajouté l'eurodéputé qui y a décelé "un mélange et résumé des motions", "sans aucune innovation idéologique", et dont l'un des défauts est de faire de la question d'une alliance avec le MoDem "une question centrale".

Résultat: les proches de Mme Royal ont décidé de "ne pas participer au vote" samedi.

François Lamy, bras droit Martine Aubry a estimé de son côté "assez logique qu'il y ait des désaccords avec la motion soutenue par Ségolène Royal, puisqu'il y avait deux lignes politiques différentes".

"Nous prenons acte" mais "nous restons ouverts pour l'avenir" et "souhaitons que petit à petit, dans les semaines qui viennent le parti se rassemblera dans l'action". "Le climat est serein au PS".

Les partisans de Mme Royal ne veulent pas non plus déterrer la hache de guerre: "Notre volonté de rassemblement reste forte", "nous étions et resterons disponibles pour travailler les propositions économiques et sociales et pour rénover le PS", a souligné le député Manuel Valls.

Mme Royal n'a pas reçu, en outre, de réponses positives à ses propositions en matière de répartition des postes: sa demande de prendre la direction de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNSER) a été rejetée par Mme Aubry. Quant à la proposition d'un poste de numéro deux pour M. Peillon, elle est restée sans réponse.

D'autres propositions lui avaient été faites, souligne M. Lamy: qu'un élu de sa motion dirige le Conseil de territoire - nouvelle structure au PS- et que  trois de ses proches - les députés Delphine Batho, Aurélie Filippetti et Guillaume Garot- entrent au secrétariat national.

Mme Aubry est décidée à resserrer son équipe: les quelque 150 secrétaires et responsables nationaux de l'ère Hollande devraient être nettement réduits. Benoît Hamon sera le porte-parole du parti.

Le texte d'orientation, feuille de route du PS d'ici son prochain Congrès en 2011, est remanié par rapport à une première mouture sur la table en milieu de semaine, notamment pour mentionner noir sur blanc le refus de toute alliance avec le MoDem de François Bayrou.

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