ÉTATS-UNIS - AUTOMOBILE

Obama ne veut pas de plan de sauvetage sans restructuration

Les trois principaux constructeurs automobiles américains, ou "Big Three", sont au bord de la faillite. Le président élu Barack Obama a appelé à une "restructuration complète" du secteur, condition sine qua non avant tout plan de sauvetage.

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AFP - Les parlementaires américains mettaient la dernière main dimanche à un projet d'accord en vue d'une perfusion d'urgence de 15 milliards de dollars au secteur automobile, dont les millions d'emplois sont menacés en cas de faillite.

Un plan de sauvetage d'urgence pourrait être voté la semaine prochaine au Congrès pour environ 15 milliards de dollars pour les constructeurs General Motors et Chrysler.

Ford attendra un peu plus. Moins acculé que ses deux concurrents, le deuxième constructeur américain demande un ligne de crédit de 9 milliards qu'il espère ne pas utiliser.

"Nous parlons de 15 milliards de dollars pour sauver deux millions d'emplois dans ce pays dans les prochains jours", a dit le sénateur Chris Dodd, président démocrate de la Commission bancaire du Sénat, comparant ce chiffre aux plus de 450 milliards débloqués pour la banque Citigroup et l'assureur AIG, sans vote du Congrès.

Avant de délier les cordons de la bourse pour l'automobile, les parlementaires réclament des conditions strictes de surveillance de l'utilisation des fonds et une restructuration profonde des outils de production.

Dimanche, le sénateur démocrate Carl Levin du Michigan (nord) où se trouvent les sièges de GM, Ford et Chrysler, ainsi que de nombreuses usines du secteur, a évoqué la création d'un poste de "tsar de l'automobile" qui serait chargé de superviser la restructuration.

"Un administrateur sera désigné dans les 60 à 90 prochains jours pour s'assurer que les promesses qui ont été faites (par les constructeurs) dans ces plans sont tenues", a-t-il dit sur la chaîne de télévision Fox.

Ce "tsar de l'automobile" devrait dépendre du département du Commerce.

"Il faut trouver le moyen de faire pression (sur les constructeurs) de la même manière que le ferait un administrateur judiciaire après un dépôt de bilan", a dit dimanche le président élu Barack dans un entretien sur la chaîne NBC.

Plus tard, lors d'une conférence de presse à Chicago, M. Obama a ajouté que les patrons de l'automobile devaient choisir entre changer leur méthodes ou bien démissionner.

Le désaccord entre démocrates et républicains sur la source des fonds destinés au plan de sauvetage de l'automobile a été levé ce week-end.

Les démocrates ont fait un pas vers les républicains qui veulent puiser dans un fonds de 25 milliards de dollars voté en septembre pour mettre au point des "technologies avancées", économes en énergie.

Les démocrates souhaitaient eux puiser dans les fonds du plan de recapitalisation des banques de 700 milliards de dollars.

Un "accord de principe" est acquis, a dit samedi à l'AFP une source proche des démocrates.

Les républicains, par la voix de leur leader au Sénat Mitch McConnell, ont paru se rallier au compromis.

"J'ai hâte d'examiner le projet de loi qui est en cours de rédaction pour répondre aux difficultés du secteur automobile", a-t-il écrit dans un communiqué samedi soir tout en rappelant que la première priorité "doit être de protéger l'argent du contribuable américain".

Mais le vote n'est pas acquis pour autant. D'autres républicains maintiennent une opposition de principe à un plan de sauvetage de l'automobile.

"Je pense que c'est un prêt relais vers nulle part", a estimé dimanche sur Fox le sénateur républicain Richard Shelby.

Interrogé dimanche sur la chaîne ABC, Ron Gettelfinger, le président de l'UAW, le principal syndicat du secteur, a tenté de désamorcer les réticences des parlementaires: "on utilise souvent le terme de +sauvetage+, mais c'est un prêt relais".

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