JUSTICE

Un internaute écope d'un an de prison pour aide au suicide

Un internaute a été condamné, lundi, à un an de prison ferme et trois avec sursis pour "non assistance à personne en danger" dans le cadre du suicide d'une jeune fille qu'il avait guidé, via Internet, dans son passage à l'acte.

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AFP - Un internaute, qui avait aidé une jeune fille de 16 ans rencontrée sur un forum de discussion à se suicider, a été condamné lundi à un an de prison ferme et trois ans avec sursis pour "non assistance à personne en danger" par le tribunal correctionnel de Guingamp.

Jean sombre et tee-shirt noir, cheveux courts, Joël, un stagiaire expert comptable de 26 ans, avait expliqué très calmement fin septembre à la barre l'empathie qu'il avait éprouvée à l'été 2005 pour cette adolescente aux pulsions suicidaires, au point de l'aider à passer à l'acte.

"Je voulais créer un lien avec elle. J'avais un sentiment fort envers cette personne", a-t-il témoigné, en affirmant qu'il ne pensait pas qu'elle réussirait à obtenir les médicaments mortels. Le jeune homme, alors étudiant, se remettait d'une dépression durant laquelle il avait lui-même envisagé de se tuer.

Au cours d'une liaison par courriels et SMS ayant suivi durant quatre semaines leur premier contact, Joël avait conseillé à Florence d'utiliser de la morphine. Après des recherches sur internet, il lui avait expliqué dans les moindres détails les doses à ingérer, comment falsifier des ordonnances et même comment se rendre dans un endroit reculé pour avoir le temps de mourir avant que quelqu'un la trouve.

Alors qu'il connaissait la date prévue du suicide, il n'avait à aucun moment donné l'alerte ni rien entrepris pour tenter de la sauver.

"J'ai pas envie que tu partes et pourtant c'est moi qui te donne les clefs pour t'en aller", avait-il écrit à Florence peu avant sa mort.

Le corps de la jeune fille, domiciliée à Lannion (Côtes d'Armor), avait été retrouvé sans vie le 5 septembre 2005 dans une forêt du Finistère et l'enquête avait conclu au suicide par médicaments.

En inspectant son ordinateur, les parents avaient découvert trop tard la correspondance fournie de leur fille avec Joël, alors étudiant en Haute-Savoie.

Lundi, il n'a pas fait le déplacement pour entendre sa condamnation à quatre ans de prison, dont trois avec sursis, "pour non assistance à personne en danger".

"Un an de prison ferme, c'est lourd", a réagi son avocat, Me Henry Graïc, qui avait décrit, à l'audience, la démarche de Joël comme "un conseil imbécile d'un garçon immature".

"La condamnation se veut exemplaire compte tenu des circonstances de cette affaire", a-t-il commenté. Il a précisé qu'il devait désormais contacter son client et n'a pas exclu de faire appel.

Condamné  pour "non assistance à personne en danger", le jeune homme a cependant été relaxé du chef d'accusation de "provocation au suicide" comme l'avait réclamé son avocat.

Joël encourait cinq ans d'emprisonnement et l'avocat général avait requis quatre ans de prison, dont un avec sursis.

Par ailleurs, deux peines de 12 mois de prison avec sursis et 300 euros d'amende et de 18 mois avec sursis et 3.750 euros d'amende ont été prononcées contre la préparatrice en pharmacie qui a délivré la substance et la gérante de l'officine pour "homicide involontaire". Le tribunal leur a reproché d'avoir délivré la morphine sur la base d'une ordonnance falsifiée. La Sarl de l'officine a écopé en outre de 15.000 euros d'amende.
  

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