GRÈCE - ÉMEUTES

Le gouvernement sous pression après deux nuits de violences

Les émeutes provoquées par la mort d'un jeune tué par un policier ont laissé place lundi matin à des incidents localisés. Les partis de gauche appellent à manifester dans l'après-midi contre la politique du Premier ministre Costas Karamanlis.

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AFP - Le mouvement de protestation contre le gouvernement promet de s'étendre lundi en Grèce, deux  jours après la mort d'un adolescent tué par la police qui a provoqué de violentes émeutes à travers le pays.


Après des heures d'affrontements à Athènes, Salonique et jusqu'en Crète et à Corfou, qui ont fait 34 blessés selon la police, des jeunes manifestants se sont retranchés dimanche soir dans le campus d'une université.


Le Parti communiste a appelé à un grand rassemblement lundi soir dans le centre d'Athènes et le Pasok, le Parti socialiste, a souhaité une dénonciation massive et pacifique de la politique du Premier ministre de centre droit Costas Karamanlis, déjà ébranlé par les scandales.


Les émeutes, les plus dures depuis des années, surviennent dans un contexte difficile pour le gouvernement, en proie à une vague de mouvements sociaux.


Les professeurs d'université, qui comptent s'associer à une grève générale de 24 heures mercredi pour protester contre les privatisations, la réforme des retraites et la baisse du pouvoir d'achat, ont annoncé qu'ils cesseraient de travailler pendant trois jours à partir de lundi.





POLICIERS MIS EN EXAMEN


Dans la capitale, des milliers de jeunes manifestants ont affronté les forces de l'ordre aux cris d'"Assassins en uniforme" pendant tout le week-end, incendiant des voitures, des boutiques, ignorant les appels au calme lancés par le pouvoir.


Une trentaine de magasins et une dizaine de banques ont été détruites dans les quartiers commerçants et le maire d'Athènes a repoussé le lancement des festivités de Noël.


A Salonique, deuxième ville du pays dans le Nord, un millier de manifestants ont affronté la police. Des heurts se sont aussi produits à Patras, à Chania sur l'île de Crète ainsi que sur l'île touristique de Corfou.


"Aucune rage, même justifiée, ne doit conduire à des manifestations comme celles auxquelles on a assisté samedi", a déclaré le ministre de l'Intérieur Prokopis Pavlopoulos au sortir d'une réunion de crise dimanche, après avoir vu rejetée sa demande de démission.


Les violences ont été déclenchées par la mort d'un adolescent de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, pendant une fusillade samedi soir dans le quartier d'Exarchia, bastion traditionnel de la gauche autonome à Athènes.


Cette bavure présumée a eu l'effet d'un catalyseur pour la jeunesse ancrée à gauche, qui s'indigne de l'accroissement du fossé entre riches et pauvres ces dernières années.


Les heurts sont déjà fréquents lors des rassemblements étudiants, tout comme les attaques au cocktail Molotov de la part de groupes anarchistes.


Deux policiers ont été mis en examen, l'un pour meurtre prémédité et l'autre pour complicité. Dans un communiqué, la police a déclaré qu'un policier avait tiré à trois reprises quand son véhicule de patrouille a été attaqué par un groupe d'une trentaine de jeunes. Ce policier aurait évoqué des tirs de sommation, ce que contredisent des témoins qui assurent que l'homme a visé en direction de la victime. 

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