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L'information, un besoin essentiel capable de sauver des vies

Une exposition présente, à Paris, le travail des stations de radio destinées à informer les populations réfugiées à la frontière du Tchad et du Soudan. Les humanitaires considèrent de plus en plus l'information comme une denrée vitale.

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Chassés de leurs villages par les violences au Tchad et au Darfour, les réfugiés et les déplacés installés dans les camps de la région manquent de tout : eau, nourriture, médicaments… et information.

 

Longtemps considérée comme un droit lié au seul exercice de la démocratie, la liberté de s’informer et de s’exprimer rejoint aujourd’hui les rangs des besoins les plus essentiels, notamment dans les contextes de crise humanitaire.

 

Houda Mahamat Malloum est journaliste pour la radio La voix du Ouaddaï, qui émet dans ces camps dans l'est du Tchad. Pour elle, circulation de l’information et de l’aide alimentaire sont intimement liées.

 

"Imaginez une veuve africaine avec huit enfants, qui n’a rien à manger, à qui l’on donne cinq à huit kilos de mil par mois. C’est très difficile. Nous allons dans les camps, nous rencontrons ces gens, nous prenons leurs doléances. Ensuite, nous rencontrons les humanitaires pour voir comment trouver une solution", explique-t-elle à FRANCE 24. Selon elle, certaines personnes utilisent aussi la radio afin que leurs demandes soient écoutées par les responsables et les humanitaires.

 

Regardez l’intégralité de son témoignage et celui de son collègue Hassan Abdoulaye en vidéo ci-dessous.

 

 

La voix du Ouaddaï est l’une des trois stations de radio créées par les Tchadiens de l’Association pour le développement des médias communautaires et Internews, une ONG internationale de soutien aux médias.

 

Lancé il y a quatre ans, le réseau radiophonique couvre aujourd’hui une zone abritant 160 000 personnes – réfugiés du Darfour déplacés internes du Tchad et population locale. "Nous prévoyons d’amplifier le signal l’année prochaine et d’en atteindre 500 000", annonce Mark Harvey, chef de projet chez Internews.

 

"Les humanitaires ont besoin de nous"

 

Qu’il s’agisse d’informer la population d’une campagne de vaccination ou d’écouter les femmes victimes de violences dans les conflits de la région, la radio est le seul moyen de s’adresser à tous.

 

"Les humanitaires ont besoin de nous, affirme Guillaume Michel, qui pilote le projet sur place pour Internews. Pour être vraiment efficaces, ils ont besoin de sensibiliser la population." Outre les émissions de reportage, réalisées par des journalistes locaux et des réfugiés formés au journalisme, les programmes intègrent des spots des ONG ou des agences de l’ONU.

 

Pas question, en revanche, de traiter l’actualité politique brûlante ou les mouvements de troupes. "Cela ferait de nous une cible", explique Guillaume Michel.

 

A côté des médias traditionnels, bien établis mais mal adaptés aux besoins en informations des victimes de crises humanitaires, un espace s’ouvre donc pour des vecteurs d’information dédiés à ces populations.

 

Depuis 2002 et l’ouverture de Radio Okapi en République démocratique du Congo avec le soutien de la mission des Nations unies sur place, les professionnels de l’humanitaire réfléchissent à cette nouvelle dimension de leur action.

 

L’information "permet de sauver des vies"

 

En 2005, la Fédération internationale de la Croix-Rouge y consacre son Rapport sur les catastrophes dans le monde. "Outre qu’elle permet de sauver des vies, l’information contribue aussi à limiter les souffrances après une catastrophe", écrit alors Markku Niskala, secrétaire général de l’organisation. "Les organismes d’assistance doivent reconnaître qu’une information fiable et opportune constitue en soi une réponse aux situations de catastrophe", ajoute-t-il.

 

Humanitarian Practice Network, un groupe de réflexion sur les méthodes de travail des organisations humanitaires, vient à son tour de se pencher sur le sujet.

 

Le tsunami de l’océan Indien en 2004, puis le cyclone Nargis en Birmanie en juin dernier, ont confirmé que l’information était une denrée vitale pour les habitants qui cherchent à éviter une catastrophe ou à obtenir de l’aide une fois sinistrés.

 

En Birmanie, le BBC World Service Trust a diffusé des informations pratiques tous les jours, et Internews a distribué des postes de radio pour permettre à la population d’en prendre connaissance. Malgré la lourde censure du régime de Rangoun, ce lien médiatique a sans doute sauvé des dizaines de vies en informant les Birmans sur des pratiques aussi essentielles que la purification de l’eau potable.

 
 

Le travail des radios communautaires émettant à la frontière du Tchad et du Soudan fait l’objet d’une exposition dans les jardins du Trocadéro, à Paris, jusqu’au 21 décembre 2008.

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