BANQUE

Les actionnaires de HBOS adoubent la fusion avec Lloyds TSB

Les actionnaires de la banque britannique HBOS ont accepté le plan de fusion avec leur concurrent Lloyds TSB, ainsi qu'une augmentation de capital qui devrait voir le gouvernement britannique devenir le plus gros actionnaire du nouveau groupe.

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AFP - Les actionnaires de la banque britannique HBOS ont accepté vendredi sa fusion avec sa compatriote Lloyds TSB, et l'augmentation de capital qui verra vraisemblablement le gouvernement devenir le plus gros actionnaire du nouveau groupe Lloyds Banking Group.

Mais l'annonce a été assortie de commentaires peu encourageants de HBOS sur sa situation actuelle.

HBOS a annoncé le succès de l'opération après le dépouillement des votes par écrit, qui ont montré "un soutien écrasant à la transaction". Ces votes représentaient 56% du capital, la plus forte participation jamais enregistrée, a noté HBOS dans un communiqué. La banque devait publier ultérieurement les résultats définitifs.

Outre la fusion, les actionnaires ont dans le même temps accepté l'augmentation de capital de 11,5 milliards de livres (13,3 milliards d'euros) qui aboutira à ce que le gouvernement soit actionnaire à plus de 40% du groupe élargi, laissant environ 20% aux actuels actionnaires de HBOS.

Les actionnaires de Lloyds TSB s'étaient déjà prononcés en faveur de la fusion le 19 novembre, assortie pour sa part d'une augmentation de capital de 5,5 milliards de livres.

Plusieurs tentatives de blocage de ce mariage, qui met fin à l'indépendance d'HBOS, fleuron de l'économie écossaise, avaient été lancées récemment, sans aucun succès.

Deux vétérans de l'industrie bancaire écossaise Peter Burt et George Mathewson, qui avaient lancé une campagne pour défendre l'indépendance de HBOS, ont jeté l'éponge fin novembre, accusant au passage le gouvernement de leur avoir mis des bâtons dans les roues.

Un autre homme d'affaires écossais, Jim Spowart, qui avait tenté de monter avec l'aide d'un groupe financier étranger une offre de rachat alternative, y a également renoncé, indiquant lui aussi avoir été découragé par le gouvernement.

Enfin, cette semaine, un "groupe d'action contre la fusion", qui avait lancé un recours en justice contre le rachat, a admis son échec après un premier jugement défavorable.

La fusion créera une banque géante au Royaume-Uni, dotée de 145.000 employés et 3.000 succursales, à supposer qu'il n'y ait pas de suppressions d'emplois, comme les syndicats le redoutent.

Avant l'assemblée générale, cependant, HBOS a publié un communiqué au ton particulièrement sombre, faisant état d'une forte hausse des impayés, tant du côtés des particuliers que des entreprises, faisant s'effondrer son cours de Bourse de plus de 20% dans la matinée.

"Depuis son dernier communiqué du 3 novembre, le groupe a opéré dans des conditions de marché de plus en plus difficiles", a averti HBOS. La banque craint "une influence sur ses ratios de capital", tout en remarquant "qu'avec l'injection de capital et de liquidités facilitée par le gouvernement, elle pense pouvoir traverser cette période difficile".

Vendredi matin, le président de HBOS Dennis Stevenson s'est excusé de la situation actuelle, comme l'avaient fait aussi ses homologues de Barclays et de Royal Bank of Scotland récemment, devant leurs propres actionnaires. Il s'est dit "ni heureux ni fier de la situation", en remarquant que le monde traversait "la crise financière la plus prononcée depuis la Grande dépression".

M. Stevenson a souligné à quel point "le conseil d'administration avait examiné toutes les solutions possibles", assurant que "l'indépendance d'HBOS n'était pas cédée à la légère".

Après la fusion, les deux marques de HBOS, Halifax et Bank of Scotland, seront maintenues. Bank of Scotland est un des plus vieux établissements bancaires du monde : elle imprime ses propres billets depuis ses débuts en 1695.

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