FINANCE - AUTOMOBILE

Les marchés inquiets après l'échec du plan de sauvetage américain

Les marchés manifestent leur déception vendredi après l'échec des discussions au Sénat américain sur un plan de sauvetage de l'industrie automobile. Alors que les Bourses en Asie et en Europe sont en recul, Wall Street a ouvert en baisse.

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AFP - L'échec des discussions au Sénat américain pour voter un plan de sauvetage de l'industrie automobile, a contrarié les marchés vendredi, inquiets des conséquences économiques désastreuses que provoquerait la chute de l'un des trois "grands" de Détroit.

Les places boursières européennes, en très forte baisse en début de journée ont cependant limité leurs pertes à la clôture. La Bourse de Paris a perdu 2,80%. Londres 2,47%, Francfort 2,18% et l'Eurostoxx 50 2,59%. Les autres places ont baissé également de plus de 2%

Wall Street qui avait ouvert en nette baisse, remontait un peu la pente. Vers 17H35 GMT, l'indice Dow Jones perdait 0,24% tandis que le Nasdaq, à forte composante de valeurs technologiques progressait de 0,70%. Les deux indices avaient respectivement ouvert en baisse 2,50% et 1,84%.

Plus tôt dans la journée Tokyo avait clôturé en net recul de 5,56%, Hong Kong perdant 5,48%, Séoul 4,38% et Shanghai 3,81%.

Le dollar est lui passé sous la barre des 90 yens, pour la première fois depuis depuis 13 ans, et marquait une nette baisse face à l'euro, après une série d'indicateurs aux Etats-Unis.

Les membres du Sénat américain n'ont pas réussi à trouver un compromis jeudi soir sur un soutien aux constructeurs automobiles.

"Nous n'avons pas été en mesure de franchir la ligne d'arrivée", a déclaré le leader de la majorité démocrate Harry Reid, après de longues heures passées à négocier avec un noyau dur de sénateurs républicains qui refusaient de sauver General Motors (GM), Chrysler et Ford avec des fonds publics.

La Chambre des représentants avait pour sa part adopté dès mercredi ce plan de crédit de 14 milliards de dollars en faveur des constructeurs.

La chute de l'un des trois "grands" aurait des conséquences catastrophiques pour la première économie du monde, dont 2,2 millions d'emplois dépendent de l'industrie automobile, mais aussi chez ses principaux partenaires commerciaux.

Devant l'urgence, la Maison Blanche s'est dite prête vendredi à examiner le recours à un fonds de 700 milliards de dollars initialement destiné au système financier, pour se porter au secours des constructeurs automobiles.

Les actions des groupes General Motors et Ford ont dégringolé en début de séance à Wall Street avant de regagner une grande partie du terrain perdu.

Aux Etats-Unis, deux nouveaux mauvais indicateurs n'ont pas aidé les marchés: pour le cinquième mois consécutif, les ventes de détail se sont affichées en baisse (-1,8% en novembre). Les prix à la production ont également continué à reculé en novembre (-2,2%).

Par ailleurs, face à l'aggravation des perspectives économiques, les pays industrialisés multiplient les plans de relance.

Le Premier ministre japonais Taro Aso a ainsi annoncé de nouvelles mesures d'un montant total de 192 milliards d'euros après un premier plan de 224 milliards fin octobre.

Le Japon a subi une contraction de son activité économique de 0,5% au troisième trimestre, après une réduction du PIB de 1% au deuxième trimestre.

A Bruxelles, les dirigeants européens réunis en sommet se sont mis d'accord sur l'objectif d'un plan de relance "d'environ 1,5% du PIB" de l'UE, soit 200 milliards d'euros, qui devra toutefois tenir compte "de la situation de chacun".

Ils sont également tombés d'accord sur le plan de réductions d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020: "Il n'y a pas un continent au monde qui se soit doté de règles aussi contraignantes", s'est félicité le président français Nicolas Sarkozy.

Les annonces de plans sociaux semblent sans fin: Bank of America, la plus grande banque des Etats-Unis compte supprimer de 30.000 à 35.000 postes dans les trois ans, à la suite de sa fusion prévue avec la banque d'affaires Merrill Lynch.

L'équipementier franco-américain en télécoms Alcatel-Lucent veut supprimer environ 1.000 postes de cadres et réduire de 5.000 le nombre de ses sous-traitants. La filiale française du laboratoire pharmaceutique américain Pfizer prévoit elle un plan de départs de 700 salariés en 2009.

Côté statistiques, la production industrielle a encore reculé en octobre dans la zone euro, de 1,2% comparé au mois précédent et de 5,3% sur un an.

Le PIB français devrait baisser de 0,7% au quatrième trimestre, estime la Banque de France dans son enquête mensuelle de conjoncture.

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