IRAK - ÉTATS-UNIS

Visite d'adieu surprise de George W. Bush à Bagdad

Le président Talabani a accueilli à Bagdad George W. Bush, venu saluer les responsables irakiens avant la fin de son mandat. Une visite ternie par un journaliste irakien qui a jeté, sans l'atteindre, deux chaussures sur le président américain.

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AFP - Le président George W. Bush est arrivé dimanche en Irak pour une visite d'adieu surprise, a annoncé la Maison Blanche à Washington.

M. Bush est venu saluer les responsables irakiens, remercier les troupes et célébrer un nouvel accord de sécurité stratégique, selon la Maison Blanche qui a précisé que l'avion du président avait atterri à l'aéroport international de Bagdad.

Il s'agit de la quatrième visite, et sans doute de la visite d'adieu, du président Bush en Irak depuis qu'il a ordonné l'invasion du pays en 2003.

M. Bush, qui quitte ses fonctions le 20 janvier pour laisser la place à Barack Obama, s'était déjà rendu en Irak en novembre 2003, le jour de Thanksgiving, en juin 2006 et en septembre 2007.

Sa visite intervient après la signature de l'accord de sécurité, après de longues et difficiles négociations, entre les Etats-Unis et l'Irak. Selon cet accord, les troupes américaines devront avoir quitté l'Irak d'ici la fin 2011.

Depuis l'invasion de mars 2003, plus de 4.200 militaires américains ont été tués en Irak et des dizaines de milliers d'Irakiens ont perdu la vie.

Barack Obama a dit et répété lors de la campagne électorale qu'il souhaitait un retrait des troupes américaines, dans les seize mois après sa prise de fonction.

Un départ rapide souhaité par une majorité de la population américaine, selon les sondages.

Lors d'une conférence de presse le 1er décembre, M. Obama a réaffirmé qu'il souhaitait un retrait de toutes les brigades de combat américaines d'Irak en 16 mois, tout en assurant qu'il écouterait les conseils des militaires.

"Je crois que 16 mois est la bonne période. Mais comme je l'ai souvent dit, j'écouterai les recommandations de mes commandants", a-t-il fait valoir.

"Il pourrait être nécessaire de maintenir une force résiduelle pour entraîner (les forces de sécurité irakiennes) et protéger le peuple irakien", avait alors précisé le président élu.

Quelque 146.000 soldats américains sont actuellement stationnés en Irak, dont 14 brigades de combat.

Samedi, lors d'une visite du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, à Balad, au nord de Bagdad, le général Odierno, commandant en chef de la Force multinationale, avait affirmé que des militaires américains resteraient après juin 2009 dans les villes et villages du pays pour conseiller et entraîner l'armée irakienne.

Selon l'accord de sécurité signé entre Bagdad et Washington, les unités de combat de l'armée américaine auront quitté d'ici le 30 juin prochain les villes et villages du pays.

Mais "nous continuerons à apporter notre assistance aux équipes de transition. Nous continuerons à fournir des conseillers aux forces (irakiennes, ndlr) de sécurité", a précisé le général Odierno samedi.

"Il est important que nous maintenions suffisamment de présence ici pour les (les Irakiens, ndlr) aider à passer cette année de transition", a expliqué le général Odierno, rappelant que les Irakiens se rendraient trois fois aux urnes en 2009, pour des élections provinciales et législatives, et pour un référendum sur l'accord de sécurité signé le mois dernier avec les Etats-Unis.

Il n'a pas précisé combien de militaires américains resteraient dans les villes sur des "postes de sécurité conjoints" avec les soldats irakiens.

Ces déclarations, ont poussé le mouvement du leader chiite Moqtada Sadr, qui est hostile à la présence américaine en Irak, à accuser dimanche les Américains de ne pas tenir parole.

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