CRISE FINANCIÈRE

BNP Paribas envisage de réduire ses effectifs sur les marchés

La banque française BNP Paribas pourrait supprimer 5 % des effectifs dans ses activités de marché, qui accusent une perte de 710 millions sur les onze premiers mois de l'année. 800 salariés sont concernés par cette mesure de restriction.

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AFP - La banque française BNP Paribas a annoncé mardi dans un communiqué qu'elle envisageait de supprimer 5% des effectifs dans ses activités de marché - en perte de 710 millions sur les onze premiers mois de l'année -, des suppressions de poste qui pourraient concerner 800 salariés.

"Dans un contexte de volatilité extrême des marchés, aggravé par la faillite de Lehman Brothers et ses violents contrecoups qui perdurent depuis fin septembre", BNP Paribas a enregistré dans ses activités de marché "des revenus négatifs en novembre comme en octobre", selon ce communiqué.

Le résultat avant impôt est donc négatif de 710 millions d'euros, en y incluant l'impact de l'affaire Madoff pour 350 millions d'euros, précise-t-il.

Dès lors, BNP Paribas envisage de réduire de 5% ses effectifs dans ses activités de marché, qui s'élèvent à 16.000 personnes.

Environ 800 personnes seraient ainsi concernées.

A fin septembre, le résultat (avant impôt) des activités de marché était positif et s'élevait à 879 millions d'euros. A fin novembre, il est négatif de 710 millions d'euros. La banque aurait donc perdu quelque 1,5 milliard en octobre et novembre.

En revanche, le groupe dans son ensemble est "naturellement très largement bénéficiaire sur les onze premiers mois de l'année", assure la banque.

BNP Paribas annonce d'autres mesures pour limiter au maximum ses risques, comme la "réduction des risques de marché et des stocks d'obligations", à l'instar de Natixis ou Calyon (Crédit Agricole) quelques mois auparavant.

Concrètement, la banque va solder nombre de ses positions sur les marchés plutôt que de rester investie et risquer de perdre gros, a-t-on expliqué.

Elle va faire également évoluer ses produits "en fonction des nouvelles attentes des clients", en quête de produits plus simples, selon le communiqué.

Longtemps, tout a semblé sourire à la banque, relativement épargnée par la crise des crédits américains à risque et citée en exemple par les analystes pour sa gestion prudente des risques.

Mais le vent a commencé à tourner à l'automne. La faillite de Lehman lui a coûté un demi-milliard d'euros, puis elle a reconnu que les revenus de sa division de banque de financement et d'investissement (BFI) seraient négatifs en octobre, pour la première fois depuis le début de la crise.

Son cours de Bourse est régulièrement attaqué car les investisseurs jugent que ses capitaux propres ne sont pas suffisants par rapport à la norme exigée par le marché, même si le régulateur français n'a jusqu'à présent rien trouvé à redire.

Début octobre, la banque a annoncé son projet de racheter les activités du bancassureur Fortis en Belgique et au Luxembourg pour 14,7 milliards d'euros, payables majoritairement en titres. Une opération saluée de toutes parts, mais que la justice belge a suspendue vendredi, en donnant raison aux petits actionnaires de Fortis qui exigeaient d'être consultés sur cette vente.
 

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