ARCHÉOLOGIE - SOUDAN

Des statues antiques pour déceler un mystère linguistique

C'est au nord de Khartoum que trois statues antiques représentant des béliers ont récemment été découvertes. Une inscription, sur l'une d'entre elles, portant le nom d'un roi peu connu fait l'objet d'enquêtes de spécialistes.

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AFP - Trois statues antiques de béliers, récemment découvertes au Soudan, pourraient aider les spécialistes à déchiffrer les mystères de la plus ancienne écriture de l'Afrique sub-saharienne, a déclaré mardi un archéologue français.

"Les statues ont été mises au jour à El-Hassa, à 180 kilomètres au nord de Khartoum, sur une chaussée sacrée qui mène à un temple antique", a précisé le patron de la section française du Conseil des Antiquités au Soudan Vincent Rondot.



Ce temple est le plus méridional des temples consacrés au dieu Amon. Celui-ci était considéré par les peuples qui vivaient dans la vallée du Nil pendant la période mérotique (300 av.-J.C à 450 ap.-J.C), comme un dieu gardien, omnipotent et créateur.

Elément central de la découverte, faite il y a trois semaines, une inscription figurant sur l'une des statues et qui porte le nom d'un roi peu connu, Amanakhareqerem, selon M. Rondot, dont la mission est financée par le ministère français des Affaires étrangères.

"Cette année, avec la découverte de cette statue portant cette inscription, nous avons pour la première fois un texte complet", a-t-il dit.

"La langue mérotique est l'une des dernières écritures antiques qui attend encore d'être interprétée (...) et il s'agit de la plus ancienne langue écrite de l'Afrique (sub-saharienne)", a expliqué M. Rondot à la presse.

Les spécialistes peuvent prononcer le texte et lire des noms mais la signification des mots leur échappe. Le mérotique est une branche du même "arbre" linguistique que des langues parlées aujourd'hui au Soudan et en Erythrée, a-t-il ajouté.

"Il est absolument essentiel de la comprendre. Nous devons seulement lire les derniers mots de l'inscription. Ce genre d'inscription est très utile parce qu'il y a peu de mots et nous pouvons deviner ce qu'ils siginifient", a encore dit M. Rondot.

Les fouilles ont débuté en 2002, 17 ans après que des paysans, qui creusaient à l'aide d'un tracteur un canal d'irrigation, eurent trouvé une statue de bélier dans un temple, découvert par l'Occident au 19ème siècle grâce à des voyageurs européens.
 

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