FRANCE - EXPLOSIFS

Les bandes vidéo du Printemps au centre de l'enquête

Les vidéos du Printemps-Haussmann sont scrupuleusement étudiées pour tenter d'identifier le ou les personnes qui y ont déposé, mardi, des explosifs. Hervé Morin, ministre de la Défense, semble écarter une piste islamiste.

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Retrouvez le contenu de la lettre envoyée par le groupe revendiquant le dépôt des explosifs en cliquant ici.

  

REUTERS - Les enquêteurs exploitent les bandes vidéo du Printemps-Haussmann et les explosifs déposés mardi dans le grand magasin parisien pour tenter, par ce travail "de fourmi", d'identifier le ou les auteurs de cette action.

Un homme vu sur une bande vidéo portant un sac dans le magasin mardi matin avant la découverte de bâtons de dynamite a été ainsi identifié et entendu, mais il a été mis hors de cause, a-t-on souligné de source proche de l'enquête.

"Il n'y a rien qui démontre qu'il a pu poser les explosifs", a-t-on souligné.

Cette interpellation avait pu laisser penser dans la matinée à une avancée dans l'enquête mais les services antiterroristes en sont toujours à "un travail de fourmi."

Les films des dizaines de caméras de surveillance du bâtiment "homme" de cette enseigne de prestige sont susceptibles de fournir des indices à la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle, soit des kilomètres de bandes.

"Ils exploiteront aussi ceux des commerces adjacents et même ceux de la RATP si cela s'avère nécessaire", souligne-t-on de même source.

La direction du grand magasin n'a pas souhaité préciser le nombre total de caméras installées au Printemps-Haussmann "pour des raisons de sécurité."

Des personnes susceptibles de fournir des témoignages sont entendues par la PJ parisienne mais il ne s'agit pas de suspects", a indiqué un porte-parole.

Dans cette enquête, "on avance assez vite", a déclaré mercredi matin la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, sans donner de détails.

Elle a insisté sur le fait qu'aucune hypothèse n'est privilégiée, de la piste afghane à l'acte d'un groupuscule du type AZF, qui avait menacé de faire sauter des trains pour obtenir une rançon de l'Etat français entre 2004 et 2006.

L'action de mardi a été revendiquée par une mystérieuse organisation, "Le Front révolutionnaire afghan", exigeant le retrait des troupes françaises d'Afghanistan.

Les spécialistes de la lutte antiterroriste se sont montrés pour l'instant très sceptiques sur une piste afghane, en raison du contenu de la lettre adressée à une agence de presse pour avertir que des bombes se trouvaient dans le magasin.

En outre, les cinq bâtons de dynamite déposés dans les toilettes du troisième étage n'avaient pas de système de mise à feu et ne risquaient pas d'exploser. Un avertissement sans frais qui ne ressemble pas aux méthodes d'Al Qaïda.

Cette mystérieuse revendication fait l'objet d'analyses à la fois par les experts antiterroristes et la police scientifique.

De même, le laboratoire de la police scientifique de Paris s'efforce de faire parler la "bombe" et le sac plastique qui l'entourait.

"Il s'agit d'exploiter les explosifs, mais également le cordon qui se trouvait là, pour savoir d'où il peut venir, ainsi que le sac plastique", dit-on de source proche de l'enquête.

Michèle Alliot-Marie a souligné, lors d'une conférence de presse sur le renforcement de la sécurité, que les bâtons de dynamite retrouvés étaient "du matériel ancien, du matériel courant" que l'on peut se procurer facilement.

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