FRANCE

Les mesures de sécurité renforcées dans les grandes villes

La découverte de cinq bâtons de dynamite à Paris, dans le magasin Printemps-Haussmann, a poussé les autorités françaises à appeler à la fermeté face au terrorisme. Le grand magasin a pu rouvrir quelques heures après son évacuation.

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Retrouvez le contenu de la lettre envoyée par le groupe revendiquant le dépôt des explosifs en cliquant ici.

 

 
Debout devant le Printemps, où des explosifs ont été découverts ce mardi matin, Sandrine Focquet reconnaît avoir réagi lentement, lorsque le signal d’alarme a sonné dans le grand magasin.

 

“Au début, j’ai cru que c’était une plaisanterie", explique la jeune étudiante en école de commerce, âgée de 18 ans, stagiaire pendant deux semaines au département maroquinerie du Printemps. “Mais une fois dehors, quand j’ai vu la police, j’ai compris que c’était sérieux”.

 

Pendant plusieurs heures et dans le froid, Sandrine Focquet a ensuite attendu sur le boulevard Haussmann avec les clients et les autres employés du grand magasin que les équipes de sécurité passent au peigne fin les trois bâtiments qui composent le Printemps.

 

D’une superficie totale de 48 000 mètres carrés, le magasin, très décoré à l’occasion des fêtes de fin d’année, brasse chaque jour près de 100 000 clients, dont environ un quart de touristes.

 

Tout en se frottant leurs mains gelées et en tentant de se réchauffer dans d’autres boutiques avoisinantes, plusieurs employés du Printemps ont expliqué à France 24 que l’évacuation s’était faite calmement, organisée avec professionnalisme par les services de sécurité. Comme Sandrine, la plupart d’entre eux aimeraient pouvoir retourner travailler rapidement.

 

Quelques heures plus tard, le magasin a finalement rouvert ses portes, après que les services de sécurité ont fourni "les autorisations nécessaires pour les rouvrir dans des conditions de sécurité optimales", selon Pierre Pelarey, le directeur du Printemps.

 

Des bâtons de dynamite dans les toilettes du troisième

 

Les bâtons de dynamites ont été découverts au troisième étage du bâtiment “homme” du grand magasin. Selon la ministre française de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, "le dispositif ne pouvait pas exploser".

 

L’alerte avait été donnée ce matin, après qu’une lettre signalant que "plusieurs bombes" avaient été déposées "dans le magasin Printemps homme Haussmann" a été reçue au siège de l’Agence France Presse (AFP).

 

Signé par le "Front révolutionnaire afghan", un groupe jusqu’alors inconnu, le courrier exige le retrait des troupes françaises en Afghanistan "avant fin février 2009".

 

Plus de 2 600 militaires français sont actuellement déployés sur le sol afghan.

 

Lettre de revendication du "Front révolutionnaire afghan" parvenue à l'AFP

 

 

 

L’incident du Printemps s’est déroulé deux jours après la tenue, en France, d’une réunion ministérielle informelle entre les autorités afghanes, celles des pays voisins et les pays impliqués dans le conflit qui y sévit, afin d'œuvrer à une amélioration de la coopération régionale.

 

Sarkozy appelle à la vigilance et à la fermeté

 

En conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg au moment des faits, le président français Nicolas Sarkozy a appelé à la vigilance et à la fermeté face au terrorisme.

 

Le Premier ministre, François Fillon, a de son côté réaffirmé que la France ne céderait pas face à la menace terroriste.

 

"La menace terroriste, j'ai eu plusieurs fois l'occasion de le dire, elle est forte", a-t-il dit à l'issue de la Conférence nationale des exécutifs sur le plan de relance. "La France ne cédera pas à la menace terroriste."

 

Michèle Alliot-Marie a décidé dans la soirée un renforcement des mesures de sécurité à Paris et en province, essentiellement par une augmentation des effectifs. Un peu plus tôt dans la journée, répondant aux journalistes rassemblés aux abords du magasin, Michèle Alliot-Marie avait cependant estimé qu'il fallait "se méfier des indications" contenues dans la lettre de revendication. "La période de fin d'année est particulièrement symbolique. Il faut se méfier des indications qui étaient dans la lettre qui pourraient orienter les enquêteurs vers de fausses pistes", a-t-elle dit.

 

Quelques minutes après son départ, des badauds présents au moment des faits ne croyaient déjà plus à la piste afghane. “La décision d’envoyer des troupes en Afghanistan n’était pas seulement notre décision, c’est une décision prise dans le cadre de l’Otan et sous les auspices des Nations unies,” affirme Laurent Minaud, 44 ans, directeur des ventes d’un magasin voisin. “Si on veut faire partie de la communauté internationale, il faut prendre part aux décisions collectives.”

 

Laurent Minaud affirme ne pas être déstabilisé par cet incident du Printemps. “J’allais chercher une commande au Printemps quand j’ai eu vent de l’affaire”, explique-t-il. “Je me suis dit que c’était le bon moment, qu’il y aurait moins de clients. Mais désormais, il faut traverser une foule de journalistes”, ajoute-t-il d’un éclat de rire.

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