PÉTROLE

Plus forte réduction de production de l'histoire de l'Opep

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole a annoncé, à l'issue d'une réunion à Oran en Algérie, qu'elle allait réduire sa production de 2,2 millions de barils par jour à partir du 1er janvier 2009 pour endiguer la chute des cours.

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AFP- L'Opep a annoncé mercredi une baisse record de son offre de 2,2 millions de barils par jour (mbj) à compter du 1er janvier, une décision destinée à surprendre le marché et doper les cours, mais qui a dans un premier temps provoqué l'effet inverse.

Cette baisse sur un objectif officiel de production de 27,3 millions de barils, la troisième en quatre mois, est la plus importante décidée par le cartel depuis l'introduction de quotas en 1982.

L'Opep n'a pas obtenu d'accord formel des producteurs non-membres invités à la réunion, mais la Russie et l'Azerbaïdjan se sont dits prêts à réduire leur offre pour soutenir le cartel dans ses efforts de stabilisation des prix.
   

Pour en savoir plus:

Un impact incertain sur le prix du pétrole. Entretien avec Olivier Appert, président de l'Institut français du pétrole.

L'Opep teste sa force. Un blog du chroniqueur économie Baptiste Fallevoz.


"On ne parle pas au nom de la Russie, c'est à eux de décider", a expliqué le président actuel du cartel et ministre algérien de l'Energie, Chakib Khelil, durant la conférence de presse ayant suivi la réunion de l'Opep à Oran.

Le vice-Premier ministre russe Igor Setchine s'est dit prêt mercredi à baisser de 320.000 bj les exportations russes si la "situation actuelle des prix continue", et l'Azerbaïdjan a promis de réduire de 300.000 bj son offre.

Quelques heures après la décision de l'Opep, le baril de pétrole est tombé sous les 40 dollars à New York, pour la première fois depuis juillet 2004.

Cette baisse record est pourtant une double surprise : elle allait au-delà des attentes les plus avancées des analystes, qui tablaient sur 1,5 à 2 mbj, et elle dépasse l'annonce d'un consensus à 2 mbj faite dans la matinée par le chef de file du cartel, le saoudien Ali al-Nouaïmi.

"Nous avons fait mieux que ce que vous attendiez, j'espère que nous vous avons surpris", a ainsi lancé M. Khelil.

"Une tentative de doper les prix de manière agressive, en procédant à une baisse plus forte qu'attendue, pourrait être contre-productive, en renforçant le pessimisme entourant l'économie", avait averti mercredi matin Harry Tchilinguirian, de la banque BNP Paribas.

L'Opep s'inquiète de l'effondrement des prix qui sont passés sous la barre des 40 dollars début décembre à Londres, malgré ses deux baisses de production décidées depuis septembre, de 2 mbj au total.

"L'impact du ralentissement économique a contribué à une destruction de la demande, entraînant un effondrement sans précédent des prix, qui ont perdu plus de 90 dollars le baril depuis juillet", affirme le communiqué de clôture de la réunion, ajoutant que si les prix chutaient davantage "ils mettraient en péril les investissements requis pour garantir un approvisionnement énergétique à moyen-long terme".

"Nous sommes dans un environnement très dégradé", a abondé M. Khelil.

David Ernsberger, de l'agence spécialisée en énergie Platts, estime toutefois que "si la demande n'est pas stimulée, toutes ces réductions ne vont pas aider l'Opep à atteindre leurs objectifs" d'une stabilisation des cours.

Dans le même temps, le seul facteur capable de stimuler la demande reste un prix du baril peu élevé, une option à laquelle l'Opep résiste, analyse-t-il.

L'Opep, qui s'attend dorénavant à une contraction de la demande en 2008 et 2009, pour la première fois en un quart de siècle, a relevé que "le volume de brut entrant sur le marché est supérieur à la demande actuelle".

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