VENDÉE GLOBE

Blessé, Yann Eliès doit être évacué de la course

Le Français Yann Élies s'est fracturé le fémur gauche et doit être évacué du Vendée Globe, la course autour du monde en solitaire. Il occupait la huitième place avant son accident. Michel Desjoyeaux occupe la première place.

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Fortunes et infortunes de mer ont encore dominé le 39e jour de mer du Vendée Globe, jeudi, avec d'un côté le plaisir éprouvé par Michel Desjoyeaux (Foncia) en tête de la flotte, et de l'autre la souffrance de Yann Eliés (Generali) cloué par une fracture du fémur gauche.
 

La course autour du monde à la voile en monocoque en solitaire sans escale et sans assistance est toujours aussi impitoyable.

Lors de la vacation quotidienne de 11h00, avec le PC Presse à Paris, Michel Desjoyeaux a répété sa satisfaction de "bien naviguer" et "d'aller vite sans forcer". Roland Jourdain (Veolia Environnement), son dauphin, à près de 40 milles (environ 70 km), avouait lui être sorti sans trop y penser d'une zone maudite "un endroit où j'ai eu des ennuis, je n'étais pas hyper serein, y être passé sans casse ça aide".

 
Mais pendant que la vacation quotidienne s'étirait, Erwan Steff, le logisticien de Yann Eliés s'activait pour organiser les secours et l'évacuation de "son skippeur" blessé alors qu'il naviguait par 48° de latitude sud, à 800 milles (environ 1500 km) au sud des cotes australiennes.

La fracture du fémur a été provoquée par l'arrêt du bateau dans une vague, alors que Yann Eliès, alors huitième, se trouvait à la manoeuvre, au niveau du "balcon" avant (une petite rambarde en triangle à hauteur de genou).

 
Eliès, souffrant le martyr, a réussi à se traîner, dans des conditions très difficiles (vent, froid, tangage) sur une quinzaine de mètres, jusqu'à l'habitacle et ensuite jusqu'à sa bannette (couchette).

"Yann Eliès souffre d'une fracture du tiers inférieur du fémur gauche. La situation est stabilisée, a indiqué en début d'après-midi Jean-Yves Chauve, le médecin de la course. Il est dans sa bannette. Il n'a pas pris d'anti-douleur, car il ne peut accéder à la pharmacie, ni aux atèles gonflables qui se trouvent à bord."

 
Marc Guillemot (Safran), qui s'est dérouté, devait être sur zone dès jeudi soir, et devrait rester à proximité jusqu'à l'intervention de la marine australienne (navire de guerre, plus hélicoptère embarqué), prévue samedi soir.

"Il va apporter son aide mentale et morale", a souligné le Dr Chauve.

 
Marc Guillemot, qui occupait la 7e place, ne montera pas à bord du bateau d'Eliès.

"Si cela se trouve, Marc (Guillemot) ne pourra pas voir le bateau, a indiqué Erwan Steff. Cela dépendra des conditions. En revanche, Yann aura le réconfort de parler avec quelqu'un à la VHF (radio qui permet de parler d'un bateau à l'autre). Yann va mieux depuis qu'il s'est rendu compte qu'il était entouré par toute une chaîne de gens."

Sur les trente skippeurs au départ des Sables d'Olonne le 9 novembre, Yann Eliès est le douzième contraint à l'abandon.

 
Classement jeudi à 16h00 (15h00 GMT) :

1. Michel Desjoyeaux (FRA/Foncia) à 12.890,3 milles de l'arrivée

2. Roland Jourdain (FRA/Veolia Environnement) à 39,6 milles du premier

3. Jean Le Cam (FRA/VM Matériaux) à 109,8

4. Sébastien Josse (FRA/BT) à 124,5

5. Armel Le Cléac'h (FRA/Brit Air) à 357,8

6. Vincent Riou (FRA/PRB) à 393,1

7. Marc Guillemot (FRA/Safran) à 514,9

8. Yann Eliès (FRA/Generali) à 558,9

9. Jean-Pierre Dick (FRA/Paprec-Virbac) à 578,2

10. Samantha Davies (GBR/Roxy) à 997,0

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