BANDE DE GAZA

Fin de la trêve selon le Hamas, Israël attend pour réagir

Le Hamas a confirmé que la trêve conclue avec Israël ne serait pas prolongée à son expiration ce vendredi. Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, à Washington pour rencontrer George W. Bush, a appelé au maintien de la trêve.

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AFP - Le Hamas a confirmé jeudi que la trêve des violences conclue avec Israël ne serait pas prolongée à son expiration vendredi, sans préciser si le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza entendait pour autant reprendre ses attaques.

¨L'accalmie s'achève demain", a déclaré à l'AFP un porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, après avoir indiqué qu'il n'y avait "pas de possibilité de reconduire la trêve avec Israël qui expire le 19 décembre".

"L'ennemi sioniste l'a détruite et y a mis fin. Nous, au Hamas, avons le droit de répliquer à toute agression sioniste contre le peuple palestinien. Ceci est un devoir national", a-t-il ajouté.

Le mouvement radical palestinien Jihad islamique s'est également prononcé contre la poursuite de la trêve.

Côté israélien, le porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert a souligné qu'au cours des derniers jours, avant même l'expiration de la trêve, l'accalmie avait perdu "tout sens puisque 35 roquettes ont été tirées" contre Israël.

"Nous étions prêts à respecter les arrangements conclus avec l'Egypte", qui a servi d'intermédiaire entre le Hamas et Israël, a affirmé le porte-parole, Mark Regev, laissant entendre que l'Etat hébreu ne prendrait pas l'initiative d'une reprise des opérations. Il a souligné qu'il ne "réagissait pas" aux déclarations du Hamas.

Il a indiqué que le gouvernement discuterait des mesures à prendre au cours de sa réunion hebdomadaire dimanche.

De son côté, le ministre de la Défense Ehud Barak a rencontré jeudi les responsables du l'état-major pour examiner différentes options militaires, a rapporté la chaîne de Télévision 10 (privée) israélienne.

La chaîne a fait état de la suppression des permissions pour des unités déployées à la frontière de Gaza, sans mentionner d'autres mesures d'urgence.

M. Barak a réaffirmé que son pays n'avait "pas peur de lancer une opération militaire de grande envergure dans Gaza", ajoutant cependant qu'il était "inutile de se précipiter".

Cette politique de retenue a été critiquée au moment poù la campagne électorale pour les législatives du 10 février a déjà commencé en Israël.

La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, dirigeante du parti au pouvoir Kadima (centriste), a ainsi dénoncé la "passivité" de M. Barak.

Le dirigeant de l'opposition de droite Benjamin Netanyahu, donné favori par les sondages pour remporter les élections, a lui aussi estimé qu'il fallait passer "d'une politique de passivité à une politique de dissuasion active" en attaquant le Hamas.

Pour sa part, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Proche-Orient, Robert Serry a mis en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre les risques d'"une escalade majeure de la violence qui aurait des conséquences graves" pour la population civile en Israël et à Gaza.

Sur le terrain, onze roquettes et des obus de mortier ont été tirés contre le sud d'Israël sans faire de victimes ou de dégâts, selon une source militaire.

La veille, 20 roquettes tirées par des Palestiniens depuis la bande de Gaza s'étaient abattues sur le sud d'Israël, faisant deux blessés légers.

En représailles, Israël a procédé à deux raids aériens dans la nuit dans la bande de Gaza et une troisième attaque au cours de laquelle un civil palestinien de 47 ans a été tué.

Jeudi, un nouveau raid aérien a visé deux lanceurs de roquettes dans le nord de la bande de Gaza, dans le secteur de Jabaliya, a indiqué un porte-parole de l'armée israélienne.

Israël a maintenu fermés les points de passage vers le territoire. Ce blocus a provoqué une rupture des stocks de farine distribuée par l'Office des Nations unies pour les 750.000 réfugiés palestiniens (UNRWA) de la bande de Gaza.

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