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Heurts devant le Parlement, les syndicats mobilisent

Au treizième jour du mouvement de contestation, des milliers de personnes ont défilé à Athènes pour protester contre les réformes économiques du gouvernement. Des affrontements avec la police ont eu lieu devant le siège du Parlement.

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Regardez notre reportage: "Au cœur du mouvement étudiant à Salonique"

 
 

Reuters - Des manifestants ont affronté la police jeudi devant le siège du parlement grec à Athènes, au treizième jour du mouvement de contestation contre le gouvernement également marqué par une série de débrayages dans la fonction publique.

Environ 7.000 personnes ont défilé pour protester contre les réformes économiques et sociales du Premier ministre Costas Caramanlis. Une banderole proclamait: "A bas le gouvernement du sang, de la pauvreté et des privatisations".

Les manifestants ont tenté d'atteindre le siège de la représentation nationale où la police avait déployé un important cordon de sécurité.

Des échauffourées ont éclaté entre les protestataires jetant des cocktails Molotov et des pierres et les forces de l'ordre répliquant à l'aide de gaz lacrymogène. Des manifestants ont tenté, sans succès, d'enflammer un sapin de Noël dressé sur la place du parlement.

D'autres rassemblements de syndicalistes, d'enseignants et d'étudiants ont également eu lieu dans le Nord à Salonique, la deuxième ville du pays.

Le mouvement de contestation anti-gouvernementale est le plus violent depuis les troubles qui avaient conduit à la chute du régime militaire en 1974. La mort d'un jeune de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, sous les balles de la police le 6 décembre, en a été l'événement déclencheur.

"La lutte se poursuit"

"Ce n'est pas parce que c'est Noël que le mouvement est terminé. La lutte va se poursuivre et s'intensifier l'année prochaine", a prévenu Stathis Anestis, porte-parole de la GSEE, la confédération syndicale du secteur privé.

Un arrêt de travail de trois heures a cloué au sol tous les vols, à l'exception des vols d'urgence, entre 10h00 et 13h00 GMT, paralysé les transports publics et mobilisé les médecins et les enseignants.

La tension reste vive à Athènes, où d'autres rassemblements sont annoncés pour jeudi et vendredi, d'autant que la police a annoncé qu'un jeune de 16 ans avait été blessé par balle à la main par un agresseur non identifié mercredi soir dans la capitale.

"Aucun policier ne porte d'arme", a assuré un porte-parole des forces de l'ordre, Panagiotis Stathis, en démentant fermement que la police soit impliquée dans cet incident. "Il n'y avait pas de policiers à cet endroit parce qu'il n'y avait pas de raison d'y être. Nous menons une enquête pour déterminer qui est responsable."

Le policier qui a abattu Grigoropoulos a été inculpé de meurtre et écroué en attendant son procès. Un de ses collègues est poursuivi pour complicité.

Le gouvernement, qui n'a qu'un siège de majorité au parlement, est devancé dans les sondages par le Pasok, le Parti socialiste, principale formation de l'opposition.

Une enquête publiée par le quotidien de gauche Avgi, réalisée après le début des émeutes qui ont secoué le pays pendant près d'une semaine après le décès de Grigoropoulos, crédite le Pasok de 6,5 points d'avance sur le parti de la Nouvelle démocratie de Caramanlis.

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