ZIMBABWE

Tsvangirai menace de mettre fin aux négociations

Devant la recrudescence des enlèvements dans les rangs de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, leader du parti d'opposition MDC, menace de quitter la table des négociations pour la formation d'un gouvernement d'union.

Publicité

AFP - Le leader zimbabwéen du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Morgan Tsvangirai, a menacé vendredi de quitter les négociations pour un gouvernement d'union le 1er janvier, si les enlèvements de ses partisans se poursuivaient.

"Au moins 42 membres (du MDC) ont été enlevés. Cela ne peut pas continuer", a déclaré M. Tsvangirai lors d'une conférence de presse à Gaborone, au Botswana.

"Si les enlèvements ne cessent pas immédiatement, et si les personnes enlevées n'ont pas été relâchées ou présentées devant la justice le 1er janvier 2009, je demanderai au MDC de suspendre tout contact et négociations avec la Zanu-PF", le parti du président Robert Mugabe, a-t-il poursuivi.

Ces partisans du MDC ont disparu depuis la signature le 15 septembre d'un accord de gouvernement d'union entre MM. Tsvangirai et Mugabe, resté depuis lettre morte en raison de différends sur l'attribution de ministères-clés.

Le Zimbabwe est plongé dans la paralysie politique depuis la défaite historique du régime au pouvoir depuis l'indépendance en 1980 aux législatives du 29 mars.

Le MDC détient désormais la majorité au Parlement mais le plus vieux chef d'Etat d'Afrique a été réélu en juin lors d'un scrutin présidentiel entaché de violences, dont il était le seul candidat après le retrait de Morgan Tsvangirai.

L'avertissement de M. Tsvangirai intervient alors que montent les appels dans le monde au départ du président devant l'effondrement manifeste de toutes les infrastructures d'un pays à l'économie dévastée. Une épidémie de choléra, maladie transmise par les eaux souillées, a fait plus de 1.000 morts depuis août.

Vendredi, le président Mugabe a quant à lui promis la reprise prochaine de négociations directes avec M. Tsvangirai pour la formation du gouvernement d'union.

"Nous allons inviter les deux leaders, Morgan Tsvangirai et Arthur Mutambara, à venir discuter de la façon dont nous allons procéder", a déclaré M. Mugabe dans le quotidien d'Etat The Herald.

Il a invité le congrès annuel de son parti, l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF), qui s'ouvrait le même jour, à "examiner" un amendement à la Constitution déposé la semaine dernière au Parlement, qui ouvre la voie à ce gouvernement en créant le poste de Premier ministre.

Aux termes de l'accord du 15 septembre, ce poste est dévolu à M. Tsvangirai. L'amendement prévoit de lui adjoindre deux vice-Premiers ministres, dont l'un sera le chef d'une faction dissidente de l'ex-opposition, M. Mutambara.

Il doit être adopté par une majorité des deux tiers, ce qui implique le soutien de la Zanu-PF comme du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai. Le Parlement dispose de 30 jours pour se prononcer.
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine