CRISE ÉCONOMIQUE

Le FMI veut des plans de relance "plus ambitieux"

Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, attend des plans de relance "plus ambitieux" en prévision d'une "très mauvaise année 2009". Le FMI veut une relance budgétaire de 2% du PIB mondial.

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AFP - Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a estimé dimanche que des plans de relance économique plus ambitieux devaient être mis en oeuvre, sans quoi les prévisions pour les mois à venir allaient devenir encore "plus sombres".

"Nous anticipons une très mauvaise année 2009, avec une récession pour la plupart des économies développées et une baisse de la croissance pour les économies émergentes", a déclaré M. Strauss-Kahn, qui s'exprimait en anglais, à la BBC radio Four.

Réunis en sommet le 15 novembre à Washington, les dirigeants du G20, le groupe des principaux pays industrialisés et émergents, s'étaient engagés à relancer l'économie mondiale. "Je vois que des mesures ont été annoncées, mais j'ai peur que cela soit insuffisant", a estimé M. Strauss-Kahn.

"Je suis particulièrement préoccupé par le fait que nos prévisions sont déjà très sombres, mais elles vont devenir plus sombres encore si on ne met pas en oeuvre un stimulus fiscal suffisant", a-t-il jugé, avertissant que la "société entière (allait) souffrir de la récession".

"La menace est telle aujourd'hui que je pense que de deux problèmes, la hausse des déficits - qui n'est jamais bonne - et la lutte contre la récession - laquelle est encore pire -, nous devons choisir la moins mauvaise solution", a-t-il affirmé.

M. Strauss-Kahn a rappelé que le FMI était favorable à une relance budgétaire mondiale de l'ordre de 2% du Produit intérieur brut mondial. Cette somme représente 1.240 milliards de dollars, en se fondant sur l'estimation du PIB mondial par le FMI pour 2008.

Le directeur général du FMI a dit comprendre les réticences de certains pays, comme l'Allemagne, à laisser filer les dépenses. "Je respecte le point de vue traditionnel des Allemands, mais néanmoins je pense que nous sommes à un moment où nous devrions être un peu plus imaginatifs que nous ne l'avons été par le passé", a-t-il indiqué.

"Je ne suis pas réputé pour être laxiste en matière de politique fiscale", a justifié M. Strauss-Kahn, rappelant ses états de service au ministère français de l'Economie et des Finances.

"Je ne pense pas que l'attitude générale doive être d'avoir une politique fiscale laxiste", a-t-il repris. "Mais nous sommes au milieu de la plus grande crise que nous ayons connue ces 60 ou 70 dernières années et nous devons prendre cela en compte."

M. Strauss-Kahn s'est dit satisfait de la décision mardi de la Réserve fédérale américaine (Fed) d'abaisser son taux directeur au plus bas de son histoire en lui imposant une marge de variation allant de 0 à 0,25%.

Mais, "même si c'est bienvenu, on ne peut pas considérer que c'est suffisant, c'est pourquoi nous devons utiliser les autres instruments que nous avons dans notre boîte à outils, c'est-à-dire le stimulus fiscal", a-t-il insisté.

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