IRAK

Le Parlement doit voter sur la présence des troupes étrangères

Les députés irakiens doivent voter, lundi, une résolution donnant pouvoir au gouvernement de signer des accords permettant aux troupes étrangères, non américaines, de rester en Irak après expiration du mandat de l'ONU le 31 décembre.

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AFP - Le Parlement irakien votera lundi en urgence une résolution donnant pouvoir au gouvernement de signer des accords permettant aux troupes étrangères non américaines, essentiellement les Britanniques, de rester en Irak après l'expiration du mandat de l'ONU le 31 décembre.

"Le Parlement irakien doit se prononcer demain (lundi, ndrl) sur une résolution autorisant le gouvernement à signer des accords avec les gouvernements des pays étrangers (hors Etats-Unis, ndlr) pour fixer une date de retrait qui doit avoir lieu avant fin juillet 2009", a déclaré Ali Adib, vice-président de l'Alliance unifiée irakienne (chiite), le principal groupe parlementaire (85 députés).

"Demain, le Parlement votera pour prendre une décision qui donne l'autorisation au gouvernement de régler le dossier des forces étrangères", a confirmé à l'AFP Ahmed Nour, un député de l'Alliance kurde, deuxième formation au Parlement (53 députés).

Le porte-parole du Front irakien de la Concorde (sunnite), Salim Abdallah, a assuré aussi l'AFP que le vote aurait lieu lundi car "c'est le dernier jour de la session du Parlement".

Il faut un seul vote pour une résolution donnant mandat au gouvernement de traiter la question avec les gouvernements étrangers alors qu'un projet de loi nécessite deux lectures avant un vote, ce qui prend au minimum une semaine.

Cette décision a été prise dimanche après de longues tractations entre la présidence du Parlement, les chefs des principaux groupes parlementaires et des conseillers juridiques, ont indiqué à l'AFP des sources proches de la vice-présidence du Parlement.

Elle a été rendue nécessaire pour mettre un terme à la confusion la plus totale qui régnait depuis la séance de mercredi, quand le président du Parlement Mahmoud Machhadani avait piqué une colère et traité les députés de "fils de chiens".

L'imbroglio a continué samedi, rendant très confuse l'adoption d'une loi cruciale sur le retrait des troupes étrangères non américaines, essentiellement les Britanniques.

Alors que certains députés affirmaient avoir rejeté le projet de loi, d'autres assuraient que le vote visait simplement à invalider la séance précédente consacrée à ce sujet.

Cette invalidation était justifiée par la décision du président du Parlement qui avait présenté sa démission avant de se rétracter.

Confronté à ce micmac, les greffiers n'ont pu rédiger de compte-rendu de la séance de samedi.

Les députés doivent désormais mandater le gouvernement pour qu'il signe directement des accords bilatéraux avec les pays de la Coalition ayant encore des troupes sur le sol irakien, car le mandat de l'ONU sur la présence de ces troupes expire le 31 décembre 2008.

De leur côté, les Américains, qui constituent 95% de ces forces, ont déjà signé un accord bilatéral avec les Irakiens pour rester en Irak et ne se retirer que fin 2011.

Le reste de la coalition est largement dominé par les troupes britanniques (4.100 soldats).

La Roumanie, le Salvador, l'Estonie et l'Australie disposent également de soldats en Irak.

En visite mercredi en Irak, le Premier ministre britannique Gordon Brown avait annoncé, avec son homologue irakien Nouri al-Maliki, la fin de la mission des Britanniques pour fin mai et le retrait en juillet.

Moins de 400 soldats de Sa Majesté resteront en Irak après cette date.

Dimanche, le ministre britannique de la Défense John Hutton a qualifié d'"accroc mineur" l'échec du Parlement irakien à voter le projet de loi.

En réponse à une question sur les conséquences d'une absence d'accord avant l'expiration du mandat de l'ONU, M. Hutton a répliqué que ce serait une "très sérieuse situation".

"Mais je ne pense pas que ça arrivera", a-t-il ajouté, interrogé sur Sky News, qualifiant les tergiversations du Parlement irakien d'"accroc mineur".
 

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