ÉNERGIE

Le russe Gazprom s'offre 51 % du monopole pétrolier serbe

Le groupe russe Gazprom a acquis 51 % du monopole pétrolier serbe, ainsi qu'un droit de passage pour un gazoduc. Plus tôt dans la journée, les principaux pays exportateurs se sont dotés mardi d'une "Opep du gaz" siégeant au Qatar.

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AFP - La Russie et la Serbie ont signé mercredi une série d'accords énergétiques prévoyant notamment l'achat par le géant russe Gazprom de 51% du monopole pétrolier serbe NIS et le passage par la Serbie du gazoduc South Stream.

Ces accords, signés au Kremlin en présence des présidents russe et serbe, Dmitri Medvedev et Boris Tadic, portent aussi sur la construction d'un dépôt souterrain de gaz à Banatski Dvor (nord de la Serbie).

Ils sont "importants pour la sécurité énergétique de nos pays et de l'Europe", a déclaré M. Medvedev lors de la cérémonie de signature.

"Les accords énergétiques ont pour nous une importance stratégique. Il s'agit de l'approvisionnement à long terme de la Serbie en gaz", a pour sa part déclaré M. Tadic.

Le volume total des investissements russes dans ces projets communs s'élèvera entre 1 et 2,5 milliards de dollars, a précisé à la presse le vice-président de Gazprom Alexandre Medvedev.

Gazprom a acheté 51% de NIS pour 400 millions d'euros et s'est engagé à investir 500 millions d'euros dans la compagnie d'ici à 2012 et ce, quelles que soient les conséquences de la crise économique actuelle. Selon la presse serbe, Gazprom doit aussi financer un programme social pour le personnel qui serait amené à quitter la compagnie.

Le prix de vente de NIS a provoqué une polémique en Serbie, certains considérant qu'il n'était pas assez élevé. Le cabinet Deloitte avait ainsi évalué en septembre la valeur totale de la compagnie à 2,2 milliards d'euros.

Les négociations autour de la vente de NIS ont suscité récemment des tensions au sein de l'équipe gouvernementale serbe. Le vice-Premier ministre en charge de l'Economie, Mladjan Dinkic, s'était retiré de l'équipe des négociateurs serbes, estimant que Belgrade n'avait pas suffisamment de garanties de la part des Russes, en particulier au sujet de la construction du gazoduc South Stream et de son importance.

Le gazoduc russo-italien South Stream est l'un des projets phares de Gazprom à l'étranger. Il est le pendant méridional du Nord Stream, gazoduc qui doit être posé au fond de la mer Baltique et relier directement la Russie à l'Allemagne.

Pour South Stream, Gazprom a déjà conclu des accords avec la Bulgarie, la Serbie, la Grèce et la Hongrie. La Slovénie et l'Autriche pourraient également y participer.

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