GUINÉE

Le capitaine Camara s'autoproclame chef de l'État

Après le décès du président Lansana Conté, le capitaine Moussa Dadis Camara a déclaré être le nouveau "président de la République", lors de sa première conférence de presse.

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Qui est Moussa Dadis Camara ?

 

Les militaires putschistes affirmant avoir pris le pouvoir en Guinée ont procédé ce mercredi à une démonstration de force en paradant dans les rues de Conakry, après avoir désigné le capitaine Moussa Dadis Camara chef de la junte.

 

Alors que la confusion régnait encore dans la matinée autour cette tentative de coup d'Etat, dont le soutien réel au sein de l'armée était difficile à évaluer, plusieurs centaines de putschistes ont à la mi-journée quitté leur base, située au camp militaire Alfa Yaya, pour parader dans les rues de la capitale, selon une journaliste de l'AFP.

 

Ils se sont arrêtés au camp Kundara, qui abrite la garde présidentielle, dans le centre-ville, avant d'entamer un tour de la capitale. Dans certains quartiers, ils étaient acclamés par la population qui se massait sur les bords de la route.

 

Sur l'autoroute Fidel Castro, un des principaux axes de Conakry, les putschistes affichaient leur joie à bord de plusieurs dizaines de véhicules de l'armée ou de la police, exhibant des fusils mitrailleurs. Beaucoup portaient le béret rouge du bataillon autonome des troupes aéroportées (ou Bata), basé au camp Alfa Yaya, et levaient les bras en signe de victoire.

 

Des commerces ont fermé leur portes à Conakry

 

Juste avant, les putschistes ont nommé le capitaine Moussa Dadis Camara chef de la junte (appelée Conseil national pour la démocratie et le développement, ou CNDD) et, implicitement, chef de l'Etat, selon un communiqué lu à la radio publique.

 

Ce capitaine est d'ailleurs l'homme qui intervient à la radio nationale au nom des putschistes depuis la tentative de coup d'Etat de mardi matin, quelques heures seulement après le décès du président Lansana Conté à l'âge de 74 ans.

 

Marchés, stations-service et grands magasins sont demeurés fermés à Conakry ce mercredi. Seules quelques échoppes ont timidement ouvert, la grande majorité de la population préférant rester chez elle par crainte de violences.

 

Initialement prévu ce mercredi, le couvre-feu instauré par les auteurs du coup de force devrait être finalement mis en place à partir de vendredi, "pour permettre aux Chrétiens de passer tranquillement la fête de Noël"

 

Mais les putschistes ont aussi tenté de rassurer en fixant un terme à la "transition".

 

"Peuple de Guinée, la prise du pouvoir par ton armée est un acte de civisme qui répond à la volonté de sauver un peuple en détresse. Fier d'avoir accompli cette mission, le Conseil n'a aucune ambition de s'éterniser au pouvoir", a indiqué un communiqué lu à la radio nationale.

 

"Le Conseil s'engage à organiser des élections libres, crédibles et transparentes fin décembre 2010", selon le texte.

 

L'armée ne forme pas un bloc uni derrière les putschistes

 

Le mandat du président Conté, dont les funérailles nationales doivent avoir lieu vendredi, s'achevait fin 2010. Selon la Constitution, le président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, devait à la mort du chef de l'Etat assurer provisoirement la gestion du pays avant d'organiser des élections dans les 60 jours.

 

Mercredi, il a demandé à la communauté internationale de se mobiliser pour empêcher la réussite de la tentative de coup d’État.

 

Dans le même temps et pour la première fois, les putschistes ont également reconnu les divisions au sein de l'armée, véritable colonne vertébrale du régime Conté.

 

Selon eux, des militaires loyalistes "envisagent l'intervention de mercenaires venus des pays voisins qui sont déjà à l'intérieur du territoire".

 

Pour autant, le chef des forces armées, le général Diarra Camara, tente toujours d’ouvrir des négociations avec les putschistes pour les persuader de respecter la loi fondamentale.

 

Ces derniers développements sont intervenus alors que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) a brandi mercredi la menace de sanctions "fermes" contre les putschistes "dans le cas où le coup d'Etat serait consommé".

 

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