Accéder au contenu principal
GÉOPHYSIQUE

Des proches de Claude Allègre accusés de conflit d'intérêts

3 mn

Des géologues d'un institut autrefois dirigé par Claude Allègre sont soupçonnés d’avoir usé de leur entregent pour publier dans une revue scientifique. Certains y voient une manœuvre destinée à déstabiliser l'ex-ministre de l'Éducation.

Publicité

AFP - Trois chercheurs de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP) sont accusés d'être intervenus pour publier dans une  prestigieuse revue des articles de scientifiques issus de leur institut, devenant ainsi à la fois juge et partie, rapporte Le Monde vendredi.

L'actuel directeur de l'IPGP Vincent Courtillot, Paul Tapponnier et Claude Jaupart ont chacun siégé au comité éditorial de Earth and Planetary Science Letters (EPSL), respectivement de 2003 à 2005, de 1992 à 1996 et de 2006 à 2008, selon le journal.

Plusieurs dizaines de fois, ils se sont emparés d'articles soumis à EPSL par des membres de l'IPGP, au mépris des lignes de conduite éthiques que doivent respecter les membres du comité éditorial de cette publication du groupe de presse néerlandais Elsevier.

"Nous n'avons identifié aucun autre cas de grand nombre d'articles provenant d'une institution et traités par un membre de la même institution", a déclaré au Monde Friso Veenstra, responsable de la publication d'EPSL, alerté l'été dernier.

Suite à une étude bibliométrique, M. Veenstra estime que certains des articles incriminés "n'auraient pas dû être publiés", car ils n'ont pas été suffisamment cités par d'autres auteurs. En conséquence, l'IPGP a été exclu du comité éditorial d'EPSL, poursuit le Monde.

Selon les chercheurs mis en cause, il ne peut y avoir de stricte séparation entre auteurs et relecteurs dans leur petite communauté de spécialistes. "Lorsque j'étais éditeur à EPSL, c'est à moi qu'étaient soumis les papiers de paléomagnétisme en provenance du monde entier", se défend M. Courtillot dans Le Monde.

L'affaire éclate au moment où le nom de l'ancien ministre socialiste Claude Allègre, lui-même ancien patron de l'IPGP et auteur de plusieurs articles publiés par EPSL et relus par ses ex-collègues, est à nouveau cité pour un poste ministériel.

M. Allègre, qui considère que la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique n'est pas établie, s'est fait des ennemis chez les climatologues, dont il nie la légitimité.

Il y un an, M. Courtillot avait déjà été accusé de manque d'intégrité par d'autres scientifiques pour avoir publié, également dans EPSL, des données tronquées dans le but d'accréditer sa thèse d'une corrélation entre les variations du champ magnétique terrestre, du rayonnement solaire et des températures à la surface du globe.  

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.