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Le président Wade apporte son soutien à la junte guinéenne

En exprimant son soutien à la junte militaire qui a pris le pouvoir en Guinée, le chef de l'État sénégalais Abdoulaye Wade prend le contrepied d'une communauté internationale qui condamne le putsch.

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AFP - Le président sénégalais Abdoulaye Wade a appelé vendredi depuis la France à "soutenir" la junte arrivée au pouvoir en Guinée après le décès du président Lansana Conté.

Il s'agit du premier soutien exprimé officiellement aux putschistes par un dirigeant étranger.

"Je pense que ce groupe de militaires mérite d'être soutenu", a déclaré Abdoulaye Wade lors d'une conférence de presse à la résidence de l'ambassadeur du Sénégal à Paris, peu après s'être entretenu par téléphone avec le capitaine Moussa Dadis Camara, le chef de la junte guinéenne.

"C'est la première fois que des militaires (guinéens) disent: +on organise des élections et on rentre dans les casernes+", a estimé le président sénégalais.

"J'appelle tous les pays (voisins), l'Union européenne, notamment la France,... à ne pas jeter la pierre à ce groupe mais à les prendre au mot", a-t-il ajouté.

M. Wade a jugé lui-même que la "situation actuelle n'est pas fiable" pour l'organisation d'élections.

"Si on veut faire des élections où le peuple va s'exprimer de manière nette il faut faire des listes électorales. Ca prend du temps. Techniquement, ce n'est pas possible de faire des élections dans deux mois" comme le veut la Constitution", a plaidé le président sénégalais évaluant à "8 mois" le délai nécessaire, selon lui, à la tenue d'une élection présidentielle.

Les putschistes guinéens ont promis des élections dans deux ans, fin décembre 2010. Mais la France, l'Union européenne et les Etats-Unis ont toutefois jugé cette échéance trop tardive et réclamé qu'un scrutin soit organisé dans un délai plus bref.

Interrogé sur une éventuelle candidature à l'élection présidentielle du capitaine Camara, M. Wade a répondu: "Il n'est pas dans cette stratégie. C'est un jeune pur qui veut bien faire et qui n'a pas d'ambition politique. Il me parait tout à fait honnête".

"Le capitane m'a demandé de me faire son interprète auprès des Guinéens, de l'Opposition, de la CEDEAO, de l'Union Africaine, de l'Union Européenne, des Etats-Unis, de la Banque mondiale et des institutions internationales pour leur dire que +nous avons pris le pouvoir pour éviter les affrontements tribaux. Notre intention n'est pas de garder le pouvoir. Nous voulons mettre en place le nouveau président et retourner dans les casernes+", a rapporté M. Wade.

Le président sénégalais a indiqué avoir été aussi chargé par le capitaine Camara de "lancer un appel à tous les voisins de la Guinée pour ne pas se mêler de nos affaires".

"Je lance un appel à tous les voisins de la Guinée pour ne pas intervenir dans ce pays ni militairement, ni par le biais de mercenaires ni par l'argent", a demandé M. Wade affirmant agir "en tant que voisin de bonne volonté".

Le capitaine Camara a assuré M. Wade avoir pris le pouvoir "pour éviter les règlements de compte et la chasse aux sorcières, et protéger la famille du défunt" président Lansana Conté dont les funérailles nationales ont rassemblé plus de 30.000 personnes vendredi à Conakry,

"Dans la situation actuelle, beaucoup de civils ont peur. Il faut substituer (à ce sentiment) une confiance dans une équipe qui n'a pas envie de garder le pouvoir", a encore plaidé M. Wade.

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