PAKISTAN

Le Premier ministre "ne veut pas d'affrontement" avec l'Inde

Yousouf Raza Gilani, Premier ministre pakistanais, affirme que son pays ne souhaite pas d'affrontement avec l'Inde. "Nous ne ferons que réagir", a-t-il insisté lors d'une cérémonie retransmise à la télévision publique.

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AFP - Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani a répété samedi que son pays ne voulait pas la guerre avec l'Inde, et ne réagirait qu'en cas de provocation de son voisin, au lendemain d'une nouvelle escalade des tensions entre les deux pays.

"Nous ne voulons pas d'affrontement avec nos voisins. Nous voulons avoir des relations amicales avec eux", a déclaré M. Gilani lors d'une cérémonie de prière organisée à sa résidence officielle d'Islamabad en l'honneur de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée il y a un an.

"Je vous assure une fois de plus que nous n'agirons pas. Nous ne ferons que réagir. Nous ne serons pas ceux qui se lancent dans une aventure imprudente, mais en même temps, nous sommes capables de défendre notre pays", a-t-il insisté lors de cette cérémonie retransmise en direct par la télévision publique.

Les relations entre l'Inde et le Pakistan sont au plus bas depuis les attentats meurtriers (172 morts) de la fin novembre à Bombay, imputés par New Delhi au Lashkar-e-Taiba, un groupe islamiste basé au Pakistan.

Islamabad se dit prêt à coopérer avec l'Inde, tout en estimant qu'elle n'a jusque là pas présenté de preuves assez solides sur l'implication de ressortissants pakistanais dans les attentats.

L'escalade des tensions entre les deux puissances nucléaires rivales s'est poursuivie vendredi avec l'annonce par des responsables militaires pakistanais de renforts à la frontière indienne, pendant que New Delhi réunissait son état-major pour examiner son dispositif de défense en cas d'affrontement.

Les responsables pakistanais, qui s'exprimaient sous couvert d'anonymat, ont parlé de "quelques milliers" de troupes déplacées, mais la presse locale allait plus loin samedi en évoquant le chiffre de 20.000 soldats.

Islamabad comme New Delhi ont toujours déclaré ne pas vouloir la guerre, tout en affirmant chacun qu'ils réagiraient en cas de provocation adverse.

Inquiet de la dégradation des relations entre ses deux alliés d'Asie du Sud, les Etats-Unis a appelé dans la soirée les deux gouvernements à ne rien faire qui soit susceptible d'aggraver les tensions entre eux, et à collaborer ensemble dans l'enquête sur les attentats de Bombay.

Vendredi, le ministre indien des Affaires étrangères Pranab Mukherjee avait de nouveau appelé le Pakistan à faire plus pour démanteler le Lashkar-e-Taiba, un groupe islamistes basé au pakistan, où il est interdit.

La montée des tensions entre les deux pays, qui se sont déjà fait trois fois la guerre depuis leur indépendance en 1947, a décuplé l'activité diplomatique dans la région ces derniers jours.

M. Mukherjee a ainsi rencontré vendredi son homologue saoudien Saud Al-Faisal, et parlé à ses homologues chinois et iranien, ainsi qu'à la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, selon ses services.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, s'est de son côté entretenu vendredi avec ses homologues chinois, Yang Jiechi, et iranien, Manouchehr Mottaki, qui ont réaffirmé leur soutien aux efforts de paix en Asie du Sud, ont indiqué les services de M. Qureshi dans un communiqué.
 

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