MARCHÉS

La Bourse de Tokyo a perdu 42 % de sa valeur en 2008

La Bourse de Tokyo vient de clôturer la pire année de son histoire, au cours de laquelle elle a perdu 42 % de sa valeur en raison de la crise financière. C'est sa plus forte baisse, statistiquement, depuis sa création en 1949.

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AFP - La Bourse de Tokyo a achevé mardi la pire année de son histoire, au cours de laquelle l'indice Nikkei a chuté de plus de 42%, certains poids lourds du marché ayant vu en un an la moitié, voire les trois quarts de leur valeur partir en fumée dans la crise économique mondiale.

Le marché tokyoïte, première des grandes places mondiales à dire adieu à 2008, pourrait encore souffrir l'an prochain alors que le monde traverse sa plus dure crise financière depuis les années 30, préviennent les analystes.

L'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes a terminé la séance de mardi, la dernière avant le 5 janvier, à 8.859,56 points, soit 6.448,22 points (-42,12%) sous son niveau de la dernière séance de 2007.

Il s'agit de la plus forte baisse en pourcentage sur un an du Nikkei depuis sa création en 1949. En nombre de points, la plus lourde chute de l'histoire reste toutefois l'année noire 1990, quand l'indice avait dégringolé de 15.067,16 points, soit -38,71% par rapport à 1989, en raison de l'éclatement d'une gigantesque bulle spéculative boursière et immobilière.

"Depuis octobre, nous avons été exposés à des vents d'une rare violence", a souligné le président du Tokyo Stock Exchange (TSE), Atsushi Saito, lors d'une petite cérémonie marquant la dernière séance boursière de l'année. "Beaucoup de fortes crises économiques ont éclaté dans l'histoire de l'humanité, mais elles ont toutes été surmontées", a-t-il cependant rappelé.

Le Nikkei avait déjà perdu 11,13% en 2007, après quatre années de hausses.

L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a pour sa part terminé 2008 en recul de 616,44 points (-41,77%) sur un an.

En 2008, le secteur le plus malmené par les investisseurs a été l'automobile, alors que tous les constructeurs japonais ont drastiquement sabré leurs prévisions de bénéfices pour cause de chute de la demande aux Etats-Unis et en Europe et d'appréciation galopante du yen face au dollar et à l'euro.

Le numéro un mondial Toyota a ainsi perdu la moitié (-51,92%) de sa valeur boursière au cours de l'année écoulée. Frappé de plein fouet par la chute du marché américain, le groupe prévoit de subir lors de l'exercice 2008-2009, qui se termine fin mars, la première perte d'exploitation de son histoire.

La débandade a été encore plus spectaculaire pour certains de ses concurrents, comme Nissan et Mazda qui ont perdu pratiquement les trois quarts de leur valeur de marché. Le géant de l'électronique Sony a vu son action fondre de 69,00%, la banque Mitsubishi UFJ Financial Group a dévissé de 47,56%.

Le marché tokyoïte avait touché le fond le 27 octobre, date à laquelle le Nikkei avait atteint son plus bas niveau depuis octobre 1982 (7.162,90 points). Seule petite consolation: l'indice tokyoïte a connu en décembre son premier mois de hausse (+4,08%) depuis mai, la plupart des observateurs attribuant ce rebond aux espoirs soulevés par l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche.

"Cette année a dépassé notre imagination", a commenté Kazuhiro Takahashi, analyste chez Daiwa Securities SMBC, selon qui "le tout maintenant est de savoir quand nous verrons la fin de cette tempête".

"Nous pourrions assister vers le milieu de l'année prochaine à un rebond temporaire, grâce aux mesures de relance prises dans les principales économies, notamment aux Etats-Unis et en Chine. Mais l'impact pourrait être de courte durée. Nous ne pouvons être optimistes. Une reprise durable mettra du temps à s'installer", a-t-il prévenu.

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