UKRAINE

La société Gazprom accuse Kiev de chantage

Le géant russe Gazprom a indiqué qu'il cesserait de livrer du gaz à l'Ukraine à partir du 1er janvier si un nouveau contrat n'était pas signé. Kiev a pourtant réglé les factures de livraisons de gaz des mois de novembre et de décembre.

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AFP - L'issue de la crise gazière russo-ukrainienne était toujours incertaine mercredi faute d'un compromis, alors que Moscou accuse Kiev de vouloir confisquer du gaz destiné à l'Europe et transitant sur son territoire si les livraisons à l'Ukraine cessaient le 1er janvier.

"Nous sommes dans une situation dans laquelle les volumes (de gaz) transitant vers l'Europe occidentale sont en danger", a déclaré lors d'une conférence de presse, Alexandre Medvedev, numéro deux du groupe Gazprom.

"Cette position peut seulement être qualifiée de chantage", a-t-il déclaré.

M. Medvedev a montré devant la presse un document présenté comme une lettre de Naftogaz, la société énergétique de l'Etat ukrainien, menaçant de "confisquer" le gaz transitant en Ukraine. Ce texte n'a pas été pour l'instant transmis aux médias.

"Franchement, c'est incompréhensible que l'on en soit à ce point là", a-t-il ajouté, jugeant que cette situation était "sans précédent" dans l'histoire des relations énergétiques internationales.

Kiev a plusieurs fois assuré ces derniers jours qu'elle ne siphonnerait pas le gaz destiné aux Européens, alors que 80% des livraisons gazières russes à l'Europe transitent par l'Ukraine.

Lors de la précédente crise gazière russo-ukrainienne, les exportations vers l'Europe avaient été affectées et Moscou avait accusé l'Ukraine de voler le gaz.

Le responsable de Gazprom a ensuite répété que sans la signature d'un nouveau contrat avec Kiev, ce qui suppose le paiement de plus de deux milliards de dollars de dettes ukrainiennes, les livraisons de gaz à l'Ukraine cesseront le 1er janvier 2009.

"En l'absence d'un contrat, on ne peut pas livrer de gaz à l'Ukraine, et nous ne le ferons pas", a déclaré Alexandre Medvedev.

Le porte-parole de la société, Sergueï Kouprianov, a ensuite précisé que les journées de livraisons s'étalaient de 10H00 du matin à Moscou (07H00 GMT), à 10H00 le lendemain et que dès lors les livraisons à l'Ukraine cesseront le 1er janvier à cette heure là si un nouvel accord n'est pas signé.

M. Kouprianov a estimé qu'il y avait 70% de chances pour qu'aucune solution ne soit trouvée dans les temps.

Mardi, pourtant, le conflit avait semblé se résoudre, Naftogaz, grâce à un prêt garanti par le gouvernement, ayant payé environ 1,5 milliard de dollars pour les livraisons de gaz russe de novembre et décembre.

M. Medvedev a confirmé que l'Ukraine avait versé ce montant à RosUkrEnergo, la société servant d'intermédiaire à la Russie et l'Ukraine pour les paiements des livraisons de gaz.

"La somme de 1,5 milliard de dollars est bien arrivée sur le compte de RosUkrEnergo mais pas encore chez Gazprom", a dit M. Medvedev, ajoutant que "les négociations se poursuivaient" avec Kiev.

Mais ce total ne représente qu'une partie des remboursements exigés par Gazprom, qui réclame 805,8 millions de dollars pour les livraisons gazières de novembre, 862,3 millions pour celles de décembre et 450 millions de pénalités de retard de paiement.

La Russie présente cette dispute gazière comme un problème purement commercial, bien que ses relations avec l'Ukraine soient difficiles depuis une révolution pro-occidentale fin 2005.

Les relations se sont encore détériorées depuis août 2008 et la guerre russo-géorgienne, Moscou reprochant à Kiev d'avoir livré des armes à Tbilissi.

Le président russe Dmitri Medvedev a d'ailleurs vertement critiqué Kiev la semaine dernière pour son comportement durant le conflit en Géorgie. Il a aussi menacé l'Ukraine de "sanctions" si sa dette gazière n'était pas remboursée dans sa totalité.

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