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Gazprom invite Kiev à reprendre les négociations

Alors que Kiev estime qu'il y auraient des "problèmes graves" pour le transit vers l'Europe si la Russie n'augmentait pas le volume de gaz fourni, Gazprom demande à l'Ukraine de reprendre les négociations.

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AFP - Le géant gazier russe Gazprom a appelé dans la nuit de samedi à dimanche l'Ukraine à reprendre les négociations, alors que Kiev a averti que le conflit du gaz qui l'oppose à la Russie risquait d'entraîner de graves problèmes pour le transit du gaz russe vers l'Europe.

"Depuis le 31 décembre, l'Ukraine refuse de négocier avec Gazprom et a recouru au siphonnement du gaz destiné aux consommateurs européens, en violation de ses obligations en tant qu'un pays transitaire", a déclaré le vice-président du géant russe, Alexandre Medvedev, cité dans un communiqué de Gazprom.

"Nous appelons l'Ukraine à s'abstenir de ces actions illégales et à revenir à Moscou pour négocier, une fois pour toutes, une transaction sur la livraison de gaz qui sera acceptable pour les deux parties", a-t-il indiqué.

"Nous sommes prêts à les rencontrer immédiatement", a ajouté M. Medvedev, dans un signe d'adoucissement de la position de Gazprom sur ce différend.

Plus tôt dans la journée, le vice-président de Gazprom s'est montré plus intransigeant en demandant aux Etats européens d'agir en justice contre l'Ukraine, qu'il a accusée de violer un traité européen sur le transit des produits énergétiques.

"Il est temps d'agir en justice", a déclaré Alexandre Medvedev lors d'une conférence de presse à Berlin, deuxième étape d'une tournée européenne d'explication.

M. Medvedev a déjà visité Prague et devait gagner Paris dimanche puis Londres lundi.

Gazprom a par ailleurs annoncé samedi qu'il allait déposer plainte auprès du tribunal international d'arbitrage de Stockholm.

Naftogaz a réagi tout de suite en annonçant qu'elle déposerait elle aussi une plainte auprès de ce tribunal, si Gazprom la poursuivait en justice.

L'Ukraine a averti samedi que le conflit du gaz avec la Russie pourrait entraîner de graves problèmes pour le transit du gaz russe vers l'Europe.

"Si la partie russe ne livre pas plus de gaz qu'actuellement, dans environ dix jours il peut y avoir des problèmes technologiques très graves" en raison d'une baisse de pression, a déclaré le représentant de la présidence ukrainienne pour la sécurité énergétique, Bogdan Sokolovski.

Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, chargé de la présidence tournante de l'UE, a déjà rencontré vendredi une délégation ukrainienne pilotée par le ministre de l'Energie Iouri Prodan, venue elle aussi exposer son point de vue sur le différend.

Les émissaires ukrainiens sont ensuite partis pour Bratislava puis pour Berlin.

La présidence tchèque de l'Union européenne a appelé les deux parties à résoudre elles-mêmes leur conflit au plus vite. "La Russie et l'Ukraine doivent agir rapidement, il n'y aucune autre façon de résoudre le conflit", a estimé le vice-premier ministre tchèque Alexandr Vondra.

"Nous refusons de prendre parti dans la dispute, c'est un différend commercial, nous ne connaissons pas tous les détails de tous les contrats qui sont confidentiels", a dit M. Vondra en regrettant ce "manque de transparence".

"L'objectif de nos efforts, ce n'est pas d'agir en médiateur, mais d'insister sur le respect des accords", a-t-il souligné.

"C'est la renommée du Gazprom qui est en jeu en tant que fournisseur fiable. C'est aussi la renommée de l'Ukraine en tant que pays de transit du gaz naturel fiable qui est en jeu", a-t-il estimé.

Les tournées russe et ukrainienne interviennent alors que Varsovie, Bucarest et Sofia ont signalé des baisses des livraisons de gaz russe.

La Pologne a constaté samedi une baisse de 11% des livraisons par rapport aux volumes contractuels, un recul compensé par des livraisons via le Bélarus, selon l'opérateur des gazoducs polonais Gaz-Systema. La Roumanie a vu ses livraisons baisser de 30% dès vendredi soir et la Bulgarie de 10 à 15% samedi.

La Russie a coupé jeudi l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine faute d'un accord sur le prix des livraisons pour 2009 et sur des arriérés de paiement, faisant craindre une répétition du scénario de 2006. Un différend russo-ukrainien avait à l'époque perturbé l'approvisionnement de plusieurs pays de l'UE et Moscou.

Gazprom réclame désormais le "prix européen" de 418 dollars pour 1.000 m3 de gaz pour livrer cet hydrocarbure à l'Ukraine, cette dernière ayant rejeté la proposition russe d'un tarif réduit de 250 dollars.

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