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Face à la crise, une motivation professionnelle record

La première vague 2009 du baromètre des cadres Viavoice - pour HEC, Le Figaro Réussir, L’Express Réussir, France Inter et FRANCE 24 - révèle un niveau de motivation professionnelle très élevé et inattendu en période de crise.

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Analyse de François Miquet-Marty, Viavoice


Une crise économique repose à la fois sur des données "objectives" (chute des cours de la Bourse, baisse du taux de croissance, hausse du chômage, etc.), sur les perceptions ("subjectives") de ces réalités et sur un état d’esprit, orienté vers la motivation ou la démotivation, la combativité ou la passivité.


Depuis le mois d’octobre, et notamment la faillite de Lehman Brothers, le tableau de bord a révélé un phénomène singulier : la motivation professionnelle progresse dans une conjoncture particulièrement déprimée. Cette tendance se confirme aujourd’hui, la "motivation des collaborateurs" des cadres rejoignant son niveau record depuis la création du baromètre.

 

Une motivation professionnelle à toute épreuve

La bonne tenue de la motivation des cadres et de leurs équipes est sans appel : 57 % des cadres estiment que "de manière générale" leurs "collaborateurs" sont "actuellement motivés" (contre 40 % d’opinions contraires). Ce résultat est particulièrement intéressant, car il constitue un point culminant en évolution : il signe une progression de trois points, par rapport au mois dernier, et de huit points, comparé à la fin du mois de septembre. Dans la durée, le score de 57 % correspond au record atteint depuis la création du baromètre des cadres : 58 %, à la fin du mois d'août 2007, dans le contexte de l’excellente tenue du moral des cadres enregistrée après l’élection de Nicolas Sarkozy.

 

 

Ce niveau actuel de motivation s’explique par trois facteurs énoncés par les cadres interrogés, en réponse aux questions ouvertes qui leur ont été posées :

 

 

- Le premier ressort de la motivation consiste en un volontarisme amplifié par la crise : "Il faut se battre, il faut avancer", résume un cadre du secteur privé ;

 


- La deuxième raison est la confiance accordée à l’Exécutif, et en particulier aux mesures mises en œuvre par Nicolas Sarkozy : une cadre issue du secteur publique apprécie "avoir un président de la République qui pense à nous et qui met en œuvre des réformes" ; un cadre du privé apprécie, pour sa part, "la position du gouvernement","ce qui est mis en œuvre"  et "les plans de relance" ; un autre salue "les décisions du gouvernement : c’est une crise qui va passer et qui ne durera pas longtemps ; les banques vont continuer de garantir les placements et les dépôts" ;

 


- La troisième raison réside en la confiance accordée aux entreprises au sein desquelles les cadres travaillent : un cadre du privé cite "la taille de [son] entreprise, sa taille sur le marché, sa gestion".

 

Une nouvelle dégradation des anticipations macroéconomiques

 

Cette très bonne tenue de la motivation professionnelle s’inscrit par ailleurs dans le contexte de résultats très dégradés en matière d’anticipations macroéconomiques :

 

- Seuls 2 % des cadres anticipent désormais le fait que "le nombre de chômeurs en France diminuera", au cours des mois qui viennent (-37 points par rapport aux données enregistrées il y a un an) ; 


- Seuls 6 % pensent que "d’ici un an, le niveau de vie en France, dans l’ensemble, s’améliorera".
Ces mauvais chiffres conduisent à un indice synthétique du "Moral des cadres", établi à -43, son niveau le plus faible depuis janvier 2004.


Ce record négatif :
- S’explique, au-delà du contexte général, par les prévisions de récession émises par l’Insee pour le premier semestre de 2009 (-1,1 %) et d’augmentation du chômage (8 % en juin 2009) ; ces prévisions ont été rendues publiques le 19 décembre, c’est-à-dire au début de la réalisation de cette enquête ;

 
-Signifie que le plan de relance présenté par Nicolas Sarkozy, à Douai le 4 décembre (prime à la casse, aides aux entreprises), n’a pas suffi à atténuer les inquiétudes pour l’avenir ni, a fortiori, le soutien inattendu des dépenses de consommation des ménages, en novembre (+1 point par rapport à novembre 2007 concernant les produits manufacturés).

 

Pour une meilleure prise en compte de la diversité

 

Sur un registre plus sociétal, les débats actuels sur la représentation de la diversité (notamment après la présentation du plan Sarkozy du 17 décembre) animent les cadres :
- Globalement, les cadres sont favorables à la promotion de la diversité, "pour rendre plus réelle l’égalité des chances"  (84 %) ; et au palmarès des lieux devant "faciliter l’accès des personnes issues de la diversité" figurent l’université et les grandes écoles (65 %), devant les entreprises (55 %) et les médias (21 %) : ces réponses sont importantes parce qu’elles signifient qu’une transformation en profondeur est souhaitée, au creuset des mutations socioprofessionnelles que constitue l’enseignement supérieur ;


- Néanmoins, les cadres ne décernent pas un blanc-seing systématique à la promotion de la diversité ; une majorité d’entre eux (55 %) s’oppose à ce principe en estimant que l’on "est d’abord des citoyens avant d’être défini par ses origines".
 

Retrouvez l'intégralité du sondage (document pdf)

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