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Un haut lieu de la contre-culture de Berlin menacé

Le squat Tacheles, symbole de la contre-culture berlinoise et passage obligé pour tous ceux qui découvrent la ville, est menacé de fermeture. Mais les artistes n'ont pas l'intention d'abandonner les lieux sans résistance.

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correspondante à Berlin

Derrière la façade bigarrée du Tacheles, le plus célèbre squat de Berlin, l'ambiance n'est plus à la fête. Depuis le 5 janvier, date à laquelle ils ont reçu leur avis d'expulsion, les artistes qui occupent l’endroit depuis 19 ans squattent à nouveau illégalement, bien décidés à ne pas quitter les lieux.
 

Occupé depuis 1989, au lendemain de la chute du Mur, par des artistes venus du monde entier, le Tacheles est resté un lieu emblématique de la contre-culture berlinoise malgré un afflux grandissant de touristes et le commerce d'œuvres d'art et d'artisanat.
 

Situé en plein cœur du quartier de Mitte, cet ancien grand magasin contruit en 1906 a une vie mouvementée. Partiellement détruit par les bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale, puis laissé à l'abandon par les autorités de Berlin-est, le Tacheles vit une seconde jeunesse dans les années 90, grâce aux artistes squatteurs. La ruine se transforme au fil des années en galerie d'art : plus de 30 000 mètres carré de bâtiments et de terrains redécorés par les sculpteurs et les peintres qui y ont séjourné.
 

 

Des centaines d'artistes ont profité jusqu'à ce jour des 31 ateliers aménagés dans le Tacheles, qui compte également un cinéma, un théâtre, un bar et une cour fameuse pour ses soirées estivales. Mais le mythe touche peut-être à sa fin.
 

Pétition

 

Le contrat de location signé il y a dix ans par l'association qui gère les lieux et qui permettait aux artistes d'occuper les lieux en toute légitimité a pris fin le 31 décembre 2008. Or, le propriétaire actuel, un groupe d'investisseurs qui ne souhaite pas s'exprimer sur la question, a décidé de vendre le complexe au plus offrant. Les clients ne devraient pas manquer : il s'agit là du dernier terrain en friche du quartier le plus branché de Berlin.
 

Mais les locataires du Tacheles n'ont pas dit leur dernier mot. Une pétition pour obtenir des subventions publiques a été lancée et l'association envisage sérieusement de racheter les lieux. “Nous avons les moyens de le faire" affirme la porte-parole du Tacheles, Linda Cerna. Selon elle, les artistes ont investi plus de 300 000 euros dans le complexe, une somme qu'ils considèrent aujourd'hui comme un acompte sur le prix de vente, estimé à 75 millions d'euros.


 

En attendant, Txus Parras, un occupant de la première heure, est persuadé que l'expulsion n'aura pas lieu : “Ils ne peuvent pas faire ça. Et même s'ils essaient, les manifestations et les protestations auront raison de leur projet. Nous étions les premiers sur les lieux. Avec la création du Tacheles, nous avons contribué à la nouvelle identité de Berlin." Cet artiste espagnol rêve encore du Tacheles des débuts, où les artistes vivaient en communauté et où le commerce était honni. Il a donc lui aussi créé une association qui milite pour un retour aux sources.
 

Le Tacheles est l'un des derniers témoins d'une époque révolue, où l'occupation illégale de bâtiments de Berlin-est était facilitée par le chaos de l'après-Mur. Classé monument historique, le squat attire chaque année plus de 300 000 visiteurs. Une vente aux enchères scellera bientôt son sort.

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