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Les troupes de Kigali traquent les rebelles hutus rwandais au Kivu

Le déploiement de soldats rwandais dans la province de l'est de la RD Congo se poursuit. Selon la Monuc, au moins 3 500 militaires seraient mobilisés pour traquer les rebelles hutus aux côtés de l'armée régulière congolaise.

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Pour la première fois de leur histoire, le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) ont lancé, mardi, une opération militaire commune. Entre 3 500 et 4 000 soldats rwandais avancent, ce jeudi, dans la province congolaise du Kivu pour traquer les rebelles hutus rwandais.

 

 

Kinshasa a autorisé les troupes rwandaises à entrer sur son territoire pour y déloger les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui sont près de 6 000 à vivre au Kivu depuis 1994. Issus des rangs des génocidaires rwandais, les FDLR sont considérées par Kinshasa comme une des causes de l'instabilité chronique de la province congolaise.

 

"La Seconde Guerre mondiale africaine"

   

“Cette guerre peut être considérée comme la ‘Seconde Guerre mondiale africaine’ du fait du nombre d’États impliqués, assure sur FRANCE 24 Douglas Yates, professeur à l’université américaine de Paris et spécialiste de l’Afrique. Le champ de bataille se situe en RDC mais la région est frontalière de l’Ouganda et de nombreux pays soutiennent les différents protagonistes."

  

A Kigali, on assure que l’offensive est placée "sous le haut commandement" de l'armée congolaise et que les troupes rwandaises ne font que "prêter main forte". Mais "le commandement congolais n’est qu’une façade, selon André Guichaoua, professeur à la Sorbonne et spécialiste du Rwanda. Cette opération est avant tout rwandaise même s’il elle permet aux autorités congolaises d’accéder à des zones dont ils n’avaient plus accès depuis longtemps."

 

La situation est assez "paradoxale", selon André Guichaoua, car si le Rwanda a soutenu de nombreuses rébellions dans l’est du pays, empêchant Kinshasa d’y exploiter les ressources minières importantes, "c’est aujourd’hui le Rwanda qui permet à Kinshasa d’avoir à nouveau accès à ces territoires…"

  

Inquiétude au sein de la population congolaise

  

L'entrée de soldats rwandais a par ailleurs suscité l’inquiétude de la population civile congolaise et de certains parlementaires. "Le Parlement congolais n’a tout simplement pas été consulté, cette opération militaire a été directement décidée par le chef de l’État et quelques hauts-gradés", rappelle Arnaud Zajtman, correspondant de FRANCE 24 en RDC.

  

Le président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, s'est en effet inquiété de cette carte blanche donnée à Kigali alors que la population sort à peine du "traumatisme rwandais", provoqué par les multiples rébellions dans l’est du pays soutenues par Kigali.

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