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Les insurgés islamistes ont pris le contrôle du Parlement de transition

Les "shebab", un groupe d'extrémistes islamistes somaliens, annoncent avoir pris le contrôle de Baïdoa, le siège du Parlement de transition. Ils réclament le retrait de toutes les forces étrangères présentes en Somalie.

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AFP - Les "shebab", extrémistes islamistes somaliens, ont affirmé avoir pris lundi Baïdoa, siège du Parlement de transition somalien, au moment où les parlementaires se réunissent à Djibouti pour tenter de trouver un accord politique après 18 ans de guerre civile.

"La ville est totalement entre nos mains. Nous avons pris le contrôle de Baïdoa (à 250 km au nord-ouest de Mogadiscio) aujourd'hui" lundi, a déclaré le porte-parole des "shebab", cheikh Mukhtar Robow, joint au téléphone par l'AFP.

"Il y a quelques miliciens qui nous tirent dessus dans la ville et nous allons leur tomber dessus", a-t-il ajouté.

Des habitants de la "capitale parlementaire" somalienne ont confirmé l'entrée des "shebab" dans la ville.

"J'ai vu de nombreux islamistes à bord de véhicules militaires. Ils sont entrés dans la ville par le sud-ouest", a raconté à l'AFP l'un d'eux, Ali Abdullahi Hassan.

"J'ai vu cheikh Mukhtar Robow à bord d'un pick-up dans la ville. Il y avait de nombreux miliciens en armes avec lui", a rapporté de son côté un chef coutumier, Hussein Moalin Nur.

Les forces des "shebab" sont entrées dans Baïdoa après le départ pendant le week-end du contingent éthiopien qui protégeait la ville contre les attaques des insurgés islamistes.

Le gouvernement éthiopien a annoncé dimanche avoir achevé le retrait de son armée de Somalie, pays ravagé par la guerre civile où elle intervenait depuis fin 2006 aux côtés du gouvernement somalien contre les insurgés islamistes, mais qui était devenu un bourbier militaire pour ses troupes.

Outre le départ des Ethiopiens, les "shebab" - qui ont gagné du terrain dans le centre et du sud du pays ces derniers mois - réclament le retrait de toutes les forces étrangères de Somalie, y compris de la force de paix de l'Union africaine (Amisom), déployée à Mogadiscio.

L'Amisom a d'ailleurs avoué lundi craindre de nouveaux attentats suicide des extrémistes islamistes contre ses soldats, après une attaque visant initialement ses militaires et qui a tué 17 civils samedi.

Les "shebab" sont également opposés au processus de paix initié à Djibouti entre le gouvernement de transition et l'opposition islamiste modérée de l'Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS), avec le soutien de la communauté internationale.

Dans le cadre de ce processus, le Parlement de transition est actuellement réuni à Djibouti - en raison de l'insécurité en Somalie - pour élargir sa représentation à l'ARS, dans la perspective de l'élection d'un nouveau président, poste vacant depuis la démission fin décembre d'Abdullahi Yusuf Ahmed.

Le représentant spécial des Nations unies pour la Somalie Ahmedou Ould Abdallah a jugé que "la chute de Baïdoa, si elle était avérée, ne mettrait pas en péril les négociation en cours, ni le processus d'élection du nouveau président somalien".

Le chef des islamistes modérés, cheikh Sharif Cheikh Ahmed, a annoncé lundi à son tour sa candidature au poste de président.

Jusqu'à présent, 16 autres candidats se sont déclarés, dont l'actuel Premier ministre Nur Hassan Hussein, qui est également un des favoris, et son prédécesseur Ali Mohamed Gedi.

Lundi matin, les parlementaires ont entériné la création d'un Parlement élargi aux islamistes modérés et à la société civile, a indiqué M. Ould Abdallah.

Le nouveau Parlement, qui comptera désormais 550 députés, doit prêter serment dans les jours à venir et élire le nouveau président somalien d'ici la fin du mois.

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