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Le métropolite Kirill élu à la tête de l'Église orthodoxe

Plus de 700 personnes, dignitaires de l'Église ou simples croyants, ont désigné le métropolite de Kaliningrad pour succéder à Alexis II, décédé le 5 décembre dernier.

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AFP - Le métropolite Kirill, qui a été élu mardi patriarche de Moscou et de toutes les Russies, est un diplomate expérimenté connu pour son indépendance d'esprit et sa volonté d'élargir l'influence de l'Eglise à la sphère sociale et politique.

A 62 ans, cet homme à la longue barbe blanche caractéristique des dignitaires orthodoxes prend la tête d'une Eglise qui s'est renforcée depuis la chute de l'URSS et pendant le patriarcat d'Alexis II, mort en décembre et dont Kirill fut l'un des proches collaborateurs.

Jusqu'alors métropolite de Smolensk et de Kaliningrad et presque deux mois durant chef par intérim de l'Eglise orthodoxe russe, il est aussi le seul haut responsable orthodoxe connu du grand public en Russie, grâce notamment à sa propre émission de télévision hebdomadaire, "Les paroles du pasteur".

En près de 20 années à la direction du puissant département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou - l'équivalent d'un ministère des Affaires étrangères -, il est aussi devenu, avec Alexis II, le visage de l'orthodoxie russe à l'étranger.

A ce poste, il a notamment établi des liens avec le Vatican, ce qui lui vaut des critiques de la part de ses détracteurs, sur fond d'accusations de prosélytisme visant les catholiques.

Selon les experts, Kirill n'est pas un réformateur, mais il est doté d'un esprit indépendant et est soucieux de voir l'Eglise jouer un rôle politique et social. Les autorités russes pourraient dès lors avoir du mal à le contrôler.

Kirill "a un charme certain (...), il ne cache pas ses positions et personne n'arrive à le soumettre", note Maxime Chevtchenko, le chef du Centre de recherches stratégiques sur les religions et la politique contemporaines.

"L'Eglise, avec Kirill à sa tête, pourra enfin avoir une chance d'être un joueur indépendant sur la scène politique, au lieu de rester l'objet de manipulations de l'Etat", estime même l'hebdomadaire Vlast.

Si la biographie officielle de Kirill brosse le portrait d'un jeune homme porté vers la religion dès son plus jeune âge, ses parents ayant "réveillé chez leur fils la volonté de servir l'Eglise", elle comporte aussi des zones d'ombre.

Son père et son grand-père, des religieux, ont d'ailleurs connu les camps soviétiques.

En 1965, à 19 ans, Kirill - de son vrai nom Vladimir Goundiaïev - entre au séminaire de sa ville natale Saint-Pétersbourg (Leningrad à l'époque), puis rédige une thèse et enseigne à l'Académie ecclésiastique.

A en croire sa soeur Elena, citée dans le quotidien populaire Tvoï Den, il avait déclaré pendant ses études : "si je ne rencontre pas une fille avec laquelle je veux passer le reste de ma vie, je deviendrai moine", se fixant pour date limite le 27 mars 1969.

Le 3 avril 1969, il revêt l'habit monacal, et, dans les années 1970, sa carrière au sein de l'Eglise s'accélère.

Il est d'abord nommé secrétaire personnel du métropolite Nikodim de Leningrad, accède à son premier poste diplomatique dès 1971, devenant représentant du Patriarcat de Moscou auprès du Conseil mondial des Eglises.

Kirill accompagne alors régulièrement le patriarche Pimène dans ses voyages, avant de prendre en 1989 la tête du département des relations extérieures.

Le 25 février 1991, il est élevé à la dignité de métropolite de Smolensk et de Kaliningrad.

Mais dans les années 1990, sa réputation est ternie. Tandis que la Russie post-soviétique plonge dans le marasme économique, la presse russe lui donne le surnom de "métropolite de la vodka".

Les journaux de Russie ont rappelé ces derniers jours que Kirill était soupçonné de profiter d'exemptions fiscales sur l'alcool et le tabac dont bénéficiait l'Eglise orthodoxe.

D'où sa réputation d'être "l'homme le plus riche de l'Eglise orthodoxe russe", a souligné le bihebdomadaire d'opposition Novaïa Gazeta.

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