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30 000 "chemises rouges" manifestent contre le pouvoir

Plus de 30 000 partisans de l'ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra ont défilé dans les rues de Bangkok pour protester contre le nouveau gouvernement d'Abhisit Vejjajiva et exiger des élections anticipées.

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AFP - Plus de 30.000 "chemises rouges" -surnom des partisans de l'ancien homme fort de la Thaïlande Thaksin Shinawatra- ont fait une démonstration de force samedi à Bangkok et ont promis de se battre jusqu'au départ du nouveau gouvernement d'Abhisit Vejjajiva, qualifié "d'illégitime".

S'inspirant des tactiques employées par les "chemises jaunes" -mouvement rival d'obédience royaliste ayant précipité la chute du gouvernement pro-Thaksin en décembre-, les manifestants se sont d'abord rassemblés dans un grand parc de la capitale thaïlandaise avant de se rendre en cortège dans la soirée au siège du gouvernement pour exiger des élections anticipées.

Plus de 5.000 policiers avaient été déployés dans le secteur et d'autres unités, y compris des forces armées, avaient été placées en état d'alerte pour parer à toute éventualité. Les forces de sécurité ont parfois donné l'impression d'être dépassées par la situation.

Les manifestants, qui portaient des drapeaux thaïlandais, ont passé en force au moins quatre barrages érigés par la police sur le parcours entre le parc de Sanam Luang et le complexe abritant les bureaux du Premier ministre, ont indiqué des témoins.

"Nous sommes arrivés à Government House" mais "nous n'allons pas entrer", a déclaré Nattawut Saikuar, un des organisateurs du défilé qualifié de "victoire" par les opposants.

Plus tôt, à Sanam Luang, un autre leader des "chemises rouges", Jatuporn Prompan, avait fixé un ultimatum aux autorités.

"Le gouvernement a 15 jours" pour partir, avait-il lancé à la foule en promettant un mouvement de protestation long et permanent si les autorités restaient sourdes à cette exigence.

Des responsables de la police ont estimé à plus de 30.000 le nombre de manifestants, tous vêtus de rouge, couleur de ralliement des partisans de M. Thaksin qui vit en exil.

S'adressant aux protestataires, Jakrapob Penkair, ancien ministre, a accusé l'armée d'avoir favorisé l'émergence du gouvernement Abhisit, dominé par le Parti démocrate. "Comment le parti qui a perdu trois fois les élections peut-il devenir le gouvernement?"

Un autre organisateur, Weng Tojilakarn, a affirmé: "Ce gouvernement est venu de manière illégitime. C'était un coup d'Etat déguisé car l'armée l'a aidé".

Outre la dissolution du Parlement et le rétablissement de la Constitution de 1997, les manifestants réclament des poursuites contre les responsables des "chemises jaunes" qui ont mené des actions "coup de poing" l'an dernier sans être inquiétés jusqu'ici par la justice.

Les "chemises jaunes", regroupées au sein d'une "Alliance du peuple pour la démocratie" (PAD), avaient occupé pendant trois mois le siège du gouvernement à Bangkok avant de prendre d'assaut, en novembre 2008, les deux aéroports de la capitale thaïlandaise.

Leur campagne avait abouti à la chute du gouvernement pro-Thaksin et à l'accession au pouvoir de M. Abhisit, devenu Premier ministre le 15 décembre à la faveur d'un renversement d'alliance parlementaire.

Le gouvernement Abhisit compte un ministre, Kasit Piromya (Affaires étrangères), et deux conseillers qui ont participé au mouvement des "chemises jaunes". M. Kasit est qualifié de "terroriste" par les lieutenants de M. Thaksin qui exigent aussi son limogeage.

Samedi, M. Abhisit était absent de Bangkok. Depuis Davos (Suisse), il a affirmé que le gouvernement ferait "en sorte que ce qui s'est produit l'an dernier ne se répète pas".

M. Thaksin, qui a gouverné la Thaïlande de 2001 à 2006, a été renversé par des généraux royalistes et s'est enfui à l'étranger pour échapper à des enquêtes anticorruption.

Ses lieutenants étaient revenus au pouvoir à l'occasion des législatives de décembre 2007 mais le parti pro-Thaksin a été dissous le mois dernier sur ordre de la Cour constitutionnelle.

Les manifestants ont commencé à se disperser dimanche vers 00H30 (17H30 GMT samedi), selon la police.

 

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