FRANCE

Nicolas Sarkozy veut poursuivre les réformes en 2009

Au cours de la traditionnelle cérémonie des vœux, Nicolas Sarkozy a assuré que les réformes se poursuivraient en 2009. Le président sera lundi au Moyen-Orient pour tenter de débloquer la situation.

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AFP - Après une "rude" année 2008, Nicolas Sarkozy a prévenu les Français que de grandes difficultés les attendaient en 2009, tout en se disant déterminé à y "faire face" en poursuivant des réformes.

Présentant ses voeux mercredi soir lors d'une brève allocution retransmise à la radio-télévision, prononcée debout, dans la bibliothèque du rez-de-chaussée de l'Elysée, le chef de l'Etat a admis que 2008 fut "rude".

"Les difficultés qui nous attendent en 2009 seront grandes", notamment en raison de la crise financière, "mais de cette crise va naître un monde nouveau auquel nous devons nous préparer en travaillant plus", a affirmé le président, reprenant son credo.

Le ton pragmatique de M. Sarkozy tranchait avec celui des ses voeux de l'an dernier, quand il évoquait une "politique de civilisation", thème depuis lors non repris par lui.

Alors que la France cède à minuit la présidence de l'Union européenne à la république tchèque, les voeux présidentiels ont débuté sur fond de tour Eiffel en bleu, ornée des quinze étoiles du drapeau européen. Ils se sont terminés sur la traditionnelle image de l'Elysée, accompagnée de la Marseillaise.

En pleine crise entre le Hamas et Israël, le chef de l'Etat a annoncé qu'il ferait une tournée lundi et mardi au Proche-Orient, outre le sud du Liban où il avait déjà prévu d'aller présenter ses voeux aux armées devant les soldats français de la Finul. Il se rendra en Israël, dans les territoires palestiniens, en Egypte et Syrie.

L'air grave, habillé de sombre, M. Sarkozy s'est voulu volontariste sans dissimuler aux Français les "difficultés" à venir.

L'Insee prévoit en 2009 le basculement de la France dans la récession pour la première fois depuis 1993.

"Je suis plus décidé que jamais à y faire face, avec le souci de la justice, avec l'obsession d'obtenir des résultats", a-t-il assuré, en promettant de s'attaquer d'abord au chômage, qui a bondi fin 2008 (+3,2% en novembre, 8,5% sur un an).

Après la plan des sauvetage des banques (360 milliards d'euros de garanties bancaires, adopté en octobre), "le plan de relance massif" (26 milliards d'euros), les mesures "pour sauver notre industrie automobile", M. Sarkozy a affirmé que "d'autres initiatives seront prises avec le fonds souverain", afin de "préserver notre tissu industriel". Ce fonds, destiné à soutenir les entreprises, est doté de 20 milliards d'euros en 2009.

"Nous serons pragmatiques, attentifs, réactifs et s'il faut faire davantage, nous le ferons, mais en gardant notre sang-froid", a-t-il ajouté, ouvrant ainsi la voie à un possible nouveau plan de relance.

M. Sarkozy a promis de s'occuper particulièrement des plus déshérités: "je ne laisserai pas les plus démunis se débattre seuls dans les pires difficultés", a-t-il dit en évoquant la mise en place en juillet 2009 du Revenu de solidarité active (RSA).

"L'immobilisme serait une faute", a martelé le chef de l'Etat, en insistant sur les réformes à venir: l'hôpital (dont le fonctionnement est mis en cause par l'opposition après deux décès), la formation professionnelle, l'organisation territoriale, la recherche, sans compter "la réforme nécessaire" du lycée.

Ces réformes, "je les mènerai avec le Premier ministre François Fillon et le gouvernement", a-t-il précisé, laissant ainsi entendre qu'il n'y aurait pas de remaniement important au cours de l'année à venir.

"La crise est un défi" mais "nous allons (en) sortir renforcés", a-t-il promis.

Ce qui n'a pas convaincu le porte-parole du parti socialiste Benoît Hamon, pour qui après avoir dit que la crise allait "nous obliger à changer", le président a "immédiatement (dit) qu'il ne changera rien à la politique du gouvernement".

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