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Peterborough souffre de "faire marche arrière" à cause de la crise

Le Royaume-Uni est officiellement entré en récession et les effets s'en font ressentir dans les villes. À Peterborough, qui fut autrefois en pleine expansion, les emplois se font rares et les pubs et commerces mettent la clé sous la porte.

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Le Royaume-Uni a subi plus durement les effets de la crise financière que la plupart des économies développées. Le taux de chômage a grimpé rapidement et aujourd’hui près de deux millions de personnes sont sans emploi. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), l’économie britannique devrait accuser un recul de 2,8% en 2009.


Et c’est dans les petites villes que l’effet du déclin est le plus visible. Commerces et pubs sont contraints de fermer. Dans les rues, des devantures aux vitrines condamnées rappellent que les choses vont mal.


Un certain nombre de distributeurs britanniques se sont effondrés entre la fin 2008 et le début de 2009, comme Woolworths, MFI, Zayyo et Vivella. Selon les experts, d’autres faillites sont à prévoir dans les mois qui viennent.


Nick Hood, du cabinet Begbies Traynor, spécialiste de l’insolvabilité explique : “Il va y avoir une vague de faillites des commerces les plus modestes, mais j’ai du mal à croire que les grandes enseignes s’en sortiront intactes. Je ne vois aucune lumière au bout du tunnel avant le second semestre de 2010."


Une ville qui ressemble à bien d’autres


Célèbre pour sa cathédrale, Peterborough est située dans l’East Midlands (région centrale de l’Angleterre) et compte 160 000 habitants. Durant le boom économique des quinze dernières années, la ville a attiré un important flux de migrants, venus notamment d’Europe de l’Est.


Mais aujourd’hui, elle souffre d’importantes suppressions d’emplois. La mairie a dû licencier plus de 400 personnes en décembre. En novembre, lorsqu’il a déménagé ses usines en Pologne, le fabricant de réfrigérateurs Hotpoint Fridge a dû se séparer de 423 salariés. De même, 360 employés de Fairline Boats se sont retrouvés sans emploi. Et en quittant Peterborough en janvier, la firme de vente par correspondance Freemans a mis à la porte 500 de ses salariés. En janvier également, la fermeture de toutes les filiales de Woolworth à travers le pays a causé la perte de 300 emplois à Peterborough et ses environs.

 

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Pour Charles Swift, conseiller municipal photographié ici devant un bureau de poste fermé, la ville s'effondre.
Photo: Douglas Easton
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On estime à au moins 3 000 le nombre d’emplois supprimés depuis septembre 2008. Des suppressions durement ressenties.


Causes et effets


Charles Swift est le plus ancien conseiller municipal à Peterborough. Agé
de 78 ans, il siège au conseil municipal depuis 1954. Pour lui, qui fut
témoin de l’importante croissance de Peterborough dans les années 60,
la ville aujourd’hui s’effondre.


“Si vous dites la vérité, on vous accuse d’être pessimiste", dit-il. "Mais les choses se sont détériorées. Peterborough fait marche arrière. Les maisons restent vides faute d’acheteurs et on voit partout des commerces et des pubs fermés”, témoigne-t-il.



"De nombreux immigrés d’Europe de l’Est avaient ouvert des boutiques qui sont aujourd’hui à vendre. Et il y a beaucoup de chômage que l’on ne voit pas, comme des personnes dont le travail ne suffit pas à leur assurer un salaire", explique-t-il.


"L’insécurité a sensiblement augmenté, ajoute-t-il. Des personnes âgées se font agresser. Les habitants de cette ville n’ont jamais connu ce genre de choses auparavant. "


Le spectre du racisme

 

Brian Gascoyne était propriétaire de deux pubs, haut lieu de sociabilité britannique, mais a été obligé de les fermer les deux. "Le pub, tel qu’on l'a connu à Peterborough, fait maintenant partie du passé”, déclare-t-il à FRANCE 24. "Malheureusement, on va assister à encore plus de fermetures dans les prochains mois."

 

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Brian Gascoyne était propriétaire de deux pubs, mais a été obligé de fermer les deux. Il estime à plus d'une vingtaine le nombre de pubs qui ont dû fermer durant les six derniers mois.
Photo: Douglas Easton
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Brian Gascoyne remarque en outre que la situation économique est source
de friction au sein de la population multiculturelle de la ville. "A cause de la récession, je crois que le racisme commence à pointer son horrible visage", déplore-t-il. "Quant tout va bien, personne ne s’en soucie", explique-t-il, rappelant que l’un de ses pubs se trouvait dans un quartier où on pouvait entendre plus de 100 langues différentes. Mais aujourd’hui, il observe une “tension”. 

 

De l’espoir ?


Brian Gascoyne reste malgré tout optimiste quant à la capacité de la ville
à s’en sortir. Durant les vingt dernières années, en effet, de nombreux nouveaux commerces sont venus s’établir à Peterborough. Il croit qu’il y a des bases assez solides pour que sa ville se remette une fois que l’état de l’économie se sera amélioré.

 

John Bridge, président de la Chambre de commerce de Peterborough, est également, et peut-être de façon prémonitoire, optimiste quant à l’avenir de la ville. “On va tous prendre des coups avec cette récession,” déclare-t-il. "Et le nombre important de suppressions d’emplois de ces six derniers mois a été un gros revers. Mais Peterborough est une ville qui attire de nouveaux investissements et s’il n’y avait pas les communautés d’immigrants, on aurait eu un vrai problème pour répondre à l’offre importante d’emplois", explique-t-il.

 

“C’est vrai que des pubs on fermé, mais d’autres ont ouvert, nuance-t-il. Il y a des signes positifs mais seul le temps nous dira ce qu’il en sera."

 

Cependant, les experts ne prédisent pas d’amélioration avant au moins 18 mois. On peut donc craindre que les choses n’empirent encore à Peterborough avant qu’elles ne s’améliorent.

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