Accéder au contenu principal

Six ans ferme requis contre Falcone et Gaydamak

Le parquet de Paris a requis six ans de prison ferme contre les deux principaux prévenus du procès des ventes d'armes à l'Angola, Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak. Le tribunal correctionnel rendra son jugement à l'automne.

Publicité

AFP - Six ans de prison ferme contre Arcadi Gaydamak et Pierre Falcone, 18 mois pour Jean-Charles Marchiani, un an pour Jean-Christophe Mitterrand : le procureur du procès de l'Angolagate a demandé la sévérité mercredi contre les principaux prévenus de cette affaire de ventes d'armes vers l'Angola.

Le procureur Romain Victor a formulé ses réquisitions au bout de huit heures, un marathon à la mesure de cette affaire où Arcadi Gaydamak, en fuite, et Pierre Falcone sont accusés d'avoir orchestré, dans les années 90, ce vaste "commerce illicite" qui pesait 790 millions de dollars.

Avec leurs profits faramineux, ils sont accusés d'avoir arrosé de pots-de-vin toute une série de personnalités, aujourd'hui au banc des prévenus, une manne que les parties civiles évaluent à quelque 134 millions d'euros.

C'est sur Arcadi Gaydamak, homme d'affaires d'origine russe accusé également de blanchiment, que l'accusation a tapé le plus fort, en assortissant la peine d'une amende de cinq millions d'euros. "Il a pris le parti de la fuite, a fait le choix de l'irresponsabilité, du déni, du défi", a lancé le procureur, qui a émis "l'espoir qu'il soit un jour appréhendé".

Pour Pierre Falcone, "qui a comparu, certes, mais finalement pour mieux se taire", il a réclamé également six ans ainsi qu'une amende de 375.000 euros, montrant peu d'illusion sur l'application de la peine, alors que le prévenu invoque "l'immunité diplomatique" en tant qu'ambassadeur angolais de l'Unesco.

"Il a entraîné dans son silence nombre de ses co-prévenus", a souligné Romain Victor, alors que l'homme d'affaires a sans cesse invoqué le "secret défense" de Luanda pour refuser de répondre.

Parmi les "obligés" des deux associés, l'ex-préfet du Var Jean-Charles Marchiani, accusé d'avoir touché plusieurs centaines de milliers de dollars contre du lobbying pour les intérêts angolais, devrait écoper de 18 mois ferme, a demandé le procureur. Il a rejeté sa "défense systématique : +oui les virements étaient occultes mais j'étais chargé d'une mission secrète+". "Une mission telle secrète que personne ne la connaît", a ironisé le représentant du parquet.

En revanche, il n'a demandé que trois ans avec sursis pour Charles Pasqua --absent pour cause d'hospitalisation-- contre lequel il n'a retenu qu'un seul trafic d'influence sur deux, celui d'une recommandation pour l'attribution de l'Ordre national du mérite à Gaydamak.

"Il est regrettable que Charles Pasqua, compte tenu de sa stature, de son rôle dans la vie politique, ait consenti à ce type d'agissement", a regretté le procureur.

Contre Jean-Christophe Mitterrand, qui aurait touché 2,6 millions de dollars pour avoir servi d'intermédiaire, il a requis un an de prison ferme, dénonçant son "absence de toute autocritique".

Le fils de l'ancien président avait assuré que ces sommes étaient le paiement de "conseils", mais il n'a pas apporté "l'amorce d'une preuve d'un travail effectif", a estimé Romain Victor.

Dix-huit mois avec sursis ont été requis contre l'écrivain Paul-Loup Sulitzer, accusé d'avoir usé de son influence dans les médias.

Relaxe en revanche pour Jacques Attali. L'ancien conseiller du président Mitterrand était accusé d'avoir reçu 160.000 dollars pour avoir usé de son influence auprès de Bercy et des Affaires étrangères afin de résoudre les ennuis fiscaux de Falcone et Gaydamak.

Mais le procureur a estimé que si cela pouvait être "critiquable sur le terrain éthique", les sommes perçues étaient bien liées à "un travail effectif", une étude sur le micro-crédit.

Pour le reste des 42 prévenus, seules trois autres relaxes et une dispense de peine ont été requises.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.