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Des révélations perturbent le procès Colonna

Didier Vinolas, secrétaire général du préfet Érignac assassiné en 1998, a semé le trouble au cours du procès d'Yvan Colonna à la Cour d'assises de Paris, en révélant que deux hommes encore en liberté auraient participé à l'assassinat.

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AFP - Les avocats d'Yvan Colonna ont annoncé le dépôt d'une plainte et menacé de quitter le procès après des révélations d'un ex-collaborateur du préfet Erignac qui n'auraient jamais été versées au dossier en dépit de leur communication à des policiers et magistrats.

Didier Vinolas, secrétaire général du préfet de Corse au moment de son assassinat, le 6 février 1998 à Ajaccio, a été à l'origine de ce coup de théâtre vendredi soir en affirmant à l'audience qu'il "y a peut-être deux hommes dans la nature qui ont participé à l'assassinat du préfet".

Des affirmations inédites de la part d'un haut fonctionnaire, aujourd'hui chargé de mission à la Ville de Paris, qui était déjà venu témoigner fin 2007 lors du premier procès de l'assassin présumé.

Elles jettent à nouveau le trouble sur une enquête beaucoup décriée, marquée par de fortes rivalités entre services de police.

Dénonçant un "scandale d'Etat", les avocats d'Yvan Colonna ont annoncé le dépôt lundi d'une plainte contre X pour "entrave à la manifestation de la vérité".

"Ce qui est grave, c'est que des policiers, des magistrats, ont mis sous le coude des éléments à décharge pour Yvan Colonna", a tonné l'un d'entre eux, Me Antoine Sollacaro. Un autre avocat, Me Pascal Garbarini, a estimé que ce nouvel élément devait "entraîner la remise en liberté d'Yvan Colonna".

Les avocats comptent également déposer une demande de supplément d'information, susceptible de faire capoter le procès après seulement une semaine.

"Nous attendons d'ici lundi des justifications sur ce qui s'est passé, sinon comment voudriez-vous que l'on continue de participer à cette mascarade avec des magistrats faussaires?", a fait valoir Me Sollacaro.

Les avocats veulent que la cour "puisse procéder à des vérifications" et entende les hauts fonctionnaires, policiers et magistrats --dont l'ex-procureur de Paris Yves Bot-- qui auraient été en possession de nouveaux éléments dès 2001-2002, a expliqué à l'AFP Me Patrick Maisonneuve.

Les "deux noms" que Didier Vinolas a affirmé tenir d'un informateur "tout à fait respectable" depuis septembre 2002, il a certifié les avoir quasi immédiatement transmis à Yves Bot, qui s'apprêtait alors à prendre la tête du parquet du TGI de Paris, juridiction en charge des dossiers de terrorisme.

M. Bot avait été "mis en contact" avec cet informateur dont M. Vinolas a refusé de révéler le nom "pour des raisons de sécurité".

M. Vinolas a affirmé avoir aussi communiqué ces éléments nouveaux susceptibles de relancer l'enquête, en février 2004 au préfet Christian Lambert, l'ancien chef du Raid, l'unité d'élite de la police ayant arrêté Yvan Colonna en juillet 2003 en Corse-du-Sud.

Le fils de Claude Erignac, Charles-Antoine, partie civile au procès, aurait été mis au courant en 2008. Son avocat Me Philippe Lemaire s'est dit "totalement stupéfait".

Enfin, dans un courrier du 29 décembre 2008, Didier Vinolas avait informé le parquet général de Paris, ce que ce dernier a confirmé samedi.

Depuis l'arrestation en 1999 de six complices présumés (tous condamnés en 2003), Yvan Colonna est soupçonné d'être le septième homme du commando à l'origine de l'assassinat du préfet, abattu en pleine rue de trois balles dans la nuque.

L'accusation s'appuie sur les dénonciations de quatre des six conjurés qui s'étaient ensuite rétractés, faisant valoir des "pressions" policières.

Yvan Colonna, de son côté, n'a cessé de clamer son innocence. Le berger de 48 ans avait immédiatement fait appel de sa condamnation le 13 décembre 2007 à la réclusion à perpétuité.
 

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