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ANTILLES FRANÇAISES

Nicolas Sarkozy recevra jeudi des élus d'outre-mer

Texte par : FRANCE 24 avec dépêches
4 min

Le président français décide de s'impliquer directement dans le dossier antillais, alors que la tension est encore montée d'un cran en Guadeloupe, où une cinquantaine de personnes ont été arrêtées puis libérées dans la soirée.

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Retrouvez le carnet de route d'Eve Irvine et Willy Bracciano, nos envoyés spéciaux en Martinique, en cliquant ici.

 

Un communiqué de l'Élysée indique que Nicolas Sarkozy recevra jeudi les présidents des collectivités locales et les parlementaires des départements d'Outre-mer, pour faire un point "sur la situation ".


Ce lundi, une cinquantaine de personnes ont été brièvement interpelées en Guadeloupe, aux alentours des barrages dressés sur les routes par les manifestants.

La grogne s'étend

Après près de quatre semaines de grève en Guadeloupe, la grogne contre "la vie chère" semble se propager à l’ensemble des départements d'outre-mer (DOM). Le front à la Martinique se maintient et, la semaine dernière, la Réunion s’est lancée à son tour dans le conflit. Ces protestations dans les DOM promettent d’assombrir un peu plus le sommet social organisé mercredi à l’Elysée.

En Guadeloupe, où le blocage des routes est annoncé à partir de ce lundi, le Collectif contre la vie chère et les surprofits (LKP) a appelé dimanche à maintenir la mobilisation.

A la Martinique, le Collectif du 5 février, qui mène le mouvement de grève depuis 10 jours, a quant à lui appelé à une "grande mobilisation" lundi matin.

"Les syndicats appellent les gens à sortir et à maintenir la pression", raconte Eve Irvine, envoyée spéciale de FRANCE 24 à Fort-de-France.

De fait, les Martiniquais se mobilisent. Willy Bracciano, également dépêché par FRANCE 24  à Fort-de-France, explique que  "des chauffeurs de bus indépendants ont décidé de transporter gratuitement jusqu’à Fort-de-France les manifestants".

Nouvelle mésentente

"Ce sera 'une journée-test' pour le Collectif du 5 février", explique Willy Bracciano. "Près de 20 000 personnes sont attendues dans les rues de Fort-de-France alors qu’ils n’étaient que 2 000 vendredi", précise le journaliste.

Depuis la fin de semaine dernière, la grogne à en effet repris de plus belle.  Samedi, le Collectif a claqué la porte des négociations avec la grande distribution sur des baisses de prix.

Les deux parties, qui concluaient mardi un accord de principe prévoyant une baisse de 20% sur 100 produits de base, se sont très vite confrontées à une nouvelle mésentente : les distributeurs veulent l'appliquer à des articles spécifiques, les grévistes à des gammes de produits.

Samedi, le Collectif du 5 février a donc affirmé attendre de la grande distribution un accord écrit pour reprendre les discussions.

Le préfet de la Martinique, Ange Mancini, a informé le président du Collectif que la grande distribution était prête à accepter la baisse de 20% sur l’ensemble des marques qui constituent la liste des 100 produits de première nécessité.

"Mais nous n’avons obtenu aucune information officielle de la part de la grande distribution", tempère cependant Willy Bracciano.

Dans une interview parue lundi dans le quotidien "Le Parisien/Aujourd’hui en France", Yves Jégo s'est dit optimiste pour la résolution du conflit en Martinique. En Guadeloupe en revanche, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer est plus pessimiste.

"La Guadeloupe est à nous, pas à eux"

Après un mois de grève générale, la cote de popularité du LKP - le collectif contre la vie chère et les surprofits qui a appelé au blocage des routes pour la journée de lundi - ne semble guère avoir baissé auprès de la population.

Samedi, au moins 9 000 personnes selon la police, 50 000 selon les organisateurs, ont traversé la ville du Moule, répétant inlassablement "La Guadeloupe est à nous, pas à eux ".

"Le mouvement ne s'essouffle pas, il s'amplifie", a prévenu le leader du LKP, Elie Domota, qui a durci le ton, accusant l'Etat de vouloir "tuer les Guadeloupéens" en envoyant des renforts de gendarmes.

Face à cette situation pour l’instant inextricable, Yves Jégo a exhorté le Medef-Guadeloupe à formuler rapidement des propositions. Le patronat guadeloupéen a mis en garde contre les conséquences économiques du blocage et estimé qu'entre 8 000 et 12 000 emplois, sur 79 000, pourraient être détruits dans le secteur privé.
 

 

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