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PROCÈS AZF

Il est 10h17, Toulouse est saisi par l'effroi

3 min

Vitres brisées, faux-plafonds éventrés, portes arrachées... Le 21 septembre 2001, l'explosion de l'usine chimique AZF, au sud de Toulouse, s'est fait ressentir jusque dans le centre-ville, créant un vent de panique.

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AFP - D'abord, un petit tremblement. Le sol gronde et se dérobe sous les pieds. Une poignée de secondes plus tard, un "bang" pétrifiant et une pluie de vitres recouvre la ville. A 10H17, ce vendredi 21 septembre 2001, Toulouse bascule dans l'horreur.

Empilées en vrac dans un hangar de l'usine chimique AZF, dans la banlieue sud de l'agglomération, quelque 300 tonnes de nitrates d'ammonium ont subitement explosé et fait souffler un vent de mort et de désolation sur la quatrième ville de France.

Partout, c'est la panique. Sonnés par la déflagration, les Toulousains ouvrent les yeux sur un spectacle dantesque. Du sud au centre de la ville, les rues sont couvertes d'un tapis crissant d'éclats de vitres. Dans les bureaux, les logements, les magasins, les faux plafonds n'ont pas résisté, les portes ont été arrachées. Le verre pique les visages et le sang coule. "C'était comme un bombardement", rapportent plusieurs témoins.

 
En quelques secondes, les pompiers et la police sont submergés d'appels. Des personnes affolées rapportent des explosions au magasin Marks and Spencer's, devant le palais de Justice, au marché Victor-Hugo ou au Mirail. "La déflagration était telle que chacun a cru à une explosion à sa porte", expliquera le chef des pompiers, le colonel Claude Donin.

 

Dans l'esprit de la population, dix jours seulement après les attentats contre les tours jumelles de New York, la Ville rose vient à son tour d'être frappée par la vague terroriste.

"Les informations étaient folles, on voyait des bombes partout", se souvient Pierre Tristan, alors numéro deux de la police toulousaine.

Au fur et à mesure qu'il s'approche du lieu de l'explosion, le commissaire Tristan prend la mesure de la catastrophe. La rocade qui surplombe le pôle chimique toulousain n'est plus qu'une longue enfilade de tôles froissées d'où émergent, au milieu de la fumée et des gravats, des automobilistes hébétés aux vêtements rouges de sang.

 



Au bas de la route, l'usine AZF n'existe plus. Bâtiments de béton éventrés, poutrelles pliées par la violence de la déflagration, le hangar désintégré a cédé la place à un cratère impressionnant: 10 m de profondeur pour 50 m de diamètre. "C'est la guerre", répètent les rescapés.

A proximité, un magasin d'électroménager s'est écroulé, les toits du dépôt de bus se sont envolés, l'hôpital psychiatrique Gérard-Marchant a été balayé. Très vite, les secours s'organisent. Dans un hululement ininterrompu de sirènes, les véhicules rouges et blancs affluent vers le site. Les premiers ouvriers morts sont retirés des décombres. Des hôpitaux de fortune s'improvisent et les chirurgiens opèrent ou suturent "comme à la guerre".

Mais une autre menace plane: un épais nuage orangé, peut-être toxique, au-dessus de l'usine, se déplace vers le centre-ville. Réunie en cellule de crise, la préfecture donne l'ordre à la population de rester confinée.

Les secouristes portent des masques à gaz, les habitants des mouchoirs. La panique gagne. Faute de téléphone, la ville est livrée aux rumeurs les plus folles. Seveso, Bhopal ? Non, le nuage ne contient que de l'ammoniac et s'évacue rapidement. Un cadeau du vent d'autan qui souffle ce jour-là.

Le bilan final atteindra 30 morts et plusieurs milliers de blessés. Le verdict des sismographes est renversant: l'équivalent d'un séisme de 3,4 degrés sur l'échelle de Richter a frappé... Que faisiez-vous le 21 septembre 2001 à 10H17 ? A Toulouse, encore aujourd'hui, tout le monde sait quoi répondre.

 


 

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