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PROCÈS AZF

Un procès à dimension exceptionnelle

2 min

Une salle spéciale a dû être aménagée à Toulouse pour accueillir le procès de la catastrophe d'AZF, qui réunit plus de 1 800 parties civiles. Le procès sera filmé et enregistré, une première en France pour un tribunal correctionnel.

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AFP - Le procès en correctionnelle de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001, le plus important organisé en France, s'ouvre lundi après-midi pour tenter de faire la lumière sur la plus grande catastrophe industrielle des dernières décennies en France.


Ce procès aura une dimension exceptionnelle: plus de 1.800 parties civiles, une soixantaine d'avocats et des dizaines d'experts y prendront part, pendant quatre mois, dans une salle municipale spécialement aménagée et pouvant accueillir un millier de personnes. Le délibéré devrait être rendu dans la deuxième quinzaine de novembre.

Cinq magistrats, au lieu de trois habituellement, composeront le tribunal correctionnel et deux magistrats, au lieu d'un seul, représenteront le ministère public.

Ils devront déterminer les responsabilités dans l'explosion de l'usine AZote Fertilisant (AZF), appartenant à la SA Grande Paroisse, filiale du groupe pétrolier Total, le 21 septembre 2001 à 10h17.

 

L'énorme explosion de 300 tonnes de nitrate d'ammonium, stockées dans un hangar de l'usine produisant des engrais, au sud de Toulouse, avait fait 30 morts et des milliers de blessés, soufflant ou endommageant près de 30.000 logements à des kilomètres à la ronde.

Deux prévenus, Serge Biechlin, directeur d'AZF à l'époque des faits, et Grande Paroisse, en qualité de personne morale, répondront des chefs d'homicides involontaires, blessures involontaires, destructions et dégradations involontaires par l'effet d'une explosion ou d'un incendie, et infractions au code du travail.

A l'issue d'une instruction qui a duré jusqu'en 2006, les experts ont retenu l'hypothèse d'un mélange malencontreux de quelques kilos de DCCNa (dichloroisocyanurate de sodium) avec 500 kilos de nitrate d'ammonium déversés sur un stock de 300 tonnes de nitrate d'ammonium, un quart d'heure avant l'explosion.

Ils ont en revanche rejeté les hypothèses d'un attentat, évoqué avec force après les attentats islamistes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ou d'une explosion due au gaz ou à un arc électrique.

Total conteste les conclusions de l'instruction, estimant que toutes les pistes, dont la piste terroriste, n'ont pas été suffisamment exploitées.

Le procès sera filmé et enregistré, ce qui constitue une première en France pour un tribunal correctionnel.
 

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