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Mugabe continuera de saisir les terres des blancs

Alors qu'il fête avec faste ses 85 ans, le président Robert Mugabe indique son refus de revenir sur la réforme agraire, lancée en 2000. Il assure que la saisie des fermes détenues par des blancs se poursuivra, malgré l'opposition de Tsvangirai.

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Reuters - Le président zimbabwéen Robert Mugabe a annoncé samedi que les confiscations de terres appartenant à des agriculteurs blancs se poursuivraient et que la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) n'avait pas à se mêler de cette affaire.

 

Il a aussi promis que le gouvernement d'union qu'il a formé avec à sa tête son rival Morgan Tsvangirai, maintiendrait son objectif de prendre une participation majoritaire dans certaines entreprises implantées au Zimbabwe.

 

"Dans les domaines des mines, de l'agriculture et dans les industries de transformation, une identification méthodologique et systématique des domaines dans lesquels l'Etat et les entrepreneurs indigènes peuvent participer est en cours", a dit le chef de l'Etat.

 

"On ne reviendra pas sur les réformes agraires. Les exploitations ne seront pas rendues aux anciens exploitants. Ce travail se poursuivra, mais les fermes doivent être utilisées convenablement".

 

"Certains fermiers ont saisi le tribunal de la SADC en Namibie, mais c'est insensé, totalement insensé, personne ne suivra cela", a martelé Mugabe devant des partisans réunis pour fêter son 85e anniversaire.

 

"Nous avons des tribunaux ici dans ce pays qui peuvent se prononcer sur les droits. Nos dossiers fonciers ne relèvent pas du tribunal de la SADC".

 

Le tribunal de la SADC s'est prononcé l'an dernier en faveur d'un groupe de fermiers blancs dont le gouvernement Mugabe avait décidé de saisir les exploitations.

 

Un nouveau scrutin

 

La loi de nationalisation, signée par Mugabe quelques jours avant les élections législatives de mars 2008, a pour objectif de transférer à des Noirs une participation majoritaire dans les entreprises étrangères, notamment les mines et les banques.

 

Le Premier ministre Morgan Tsvangirai, qui devait participer au rassemblement organisé pour l'anniversaire du président, ne s'est finalement pas manifesté.

 

Le porte-parole de Mugabe, George Charamba, a indiqué que le chef de file des opposants à Mugabe, nommé à la tête du gouvernement à la mi-février, avait choisi de ne pas venir après avoir découvert que l'événement était organisé par le parti présidentiel, la Zanu-PF.

 

"Il ne faut pas considérer cela comme une rebuffade. Il (Tsvangirai) s'est excusé", a déclaré Charamba à Reuters.

 

Mugabe a en outre tenu à galvaniser ses partisans en vue de prochaines élections au Zimbabwe en affirmant que le gouvernement actuel n'était qu'une solution transitoire.

 

"Ne pleurons plus notre précédent gouvernement, acceptons la situation telle qu'elle est. Ce gouvernement est un gouvernement intérimaire destiné à stabiliser l'économie et à mettre fin à la violence et aux conflits", a déclaré le chef d'Etat.

 

"Nos partis restent des entités séparées, mais nous refusons la violence. Nous devons continuer à nous organiser en tant que Zanu-PF, car nul ne connaît le jour ou l'heure des prochaines élections, et nous devons nous souvenir de la leçon de mars. Nous voulons que le peuple sache que nous nous préparons à un nouveau scrutin."

 

Lors des élections législatives de mars 2008, la Zanu-PF a perdu sa majorité parlementaire pour la première fois depuis l'indépendance du pays, au profit du MDC de Tsvangirai.

 

Ce dernier était également arrivé en tête du premier tour de la présidentielle, mais avait choisi de se retirer entre les deux tours en raison des violences subies par ses partisans.
 

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