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Le Tribunal spécial pour le Liban commence ses travaux

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de faire la lumière sur le meurtre de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, s'est ouvert à La Haye. Quatre généraux libanais, arrêtés dans cette affaire, pourraient y être transférés.

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Espéré de longue date par certains, redouté par d’autres, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), créé pour juger les assassins présumés de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, entame ses travaux le dimanche 1er mars.


"Ce tribunal est un tournant majeur pour le Liban et un exemple pour toute la région parce qu’il va démontrer que l’impunité a pris fin", affirme Marwan Hamadé, député et ancien ministre libanais, lui-même visé par un attentat à la voiture piégée, en octobre 2004.


C’est à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye (Pays-Bas), que la juridiction s’est installée, dans un ancien bâtiment des Services de renseignements néerlandais. Si le procès ne pourra commencer qu’une fois les actes d’accusation publiés - l’enquête suit toujours son cours -, ce tribunal constitue une première pour le Liban, où les assassinats politiques - des dizaines au cours des trente dernières années - demeurent en général impunis.


Rafic Hariri a été tué, avec 22 autres personnes, dans l'explosion d'une voiture piégée, le 14 février 2005. La justice libanaise a libéré, mercredi, trois des sept personnes détenues depuis quatre ans dans le cadre de l'enquête internationale. Sont toujours derrière les barreaux quatre anciens chefs des services de sécurité, qui pourraient être transférés à La Haye dans un délai de deux mois, à partir du 1er mars.


Vers la fin de l’impunité ?


La singularité du TSL réside dans l’objet jugé, c'est-à-dire l’assassinat d’un homme politique. A titre d’exemple, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, pour le Rwanda et pour la Sierra Leone ont été créés pour juger des crimes de masse.


Pour Hany Hammoud, proche conseiller du député et chef du Courant du futur, Saad Hariri, "ce tribunal n’est pas la victoire de la famille Hariri, qui restera à jamais une victime, il s’agit plutôt d’une victoire pour tous les Libanais, car désormais ils savent que l’impunité n’existera plus dans leur pays et que leur démocratie ne pourra plus être pervertie par des assassinats politiques".


Un combat pour la vérité


Pour l’Alliance du 14 mars, force politique majoritaire au Parlement libanais, il s’agit de l’aboutissement d’une rude bataille qui aura duré quatre ans. "Nous accueillons avec une vive satisfaction les débuts des travaux du TSL, cela prouve que la justice internationale suit son cours, déclare Marwan Hamadé. Certains d’entre nous ont payé de leur vie ce combat pour la vérité, tués par ceux qui voulaient l’empêcher d’aboutir."


La majorité parlementaire n’a jamais cessé d’accuser la Syrie d’avoir commandité l’attentat d’Hariri, ainsi que les meurtres d’une dizaine d’autres personnalités "anti-syriennes" commis par la suite. "Sans spéculer sur les avancées de l’enquête internationale, je suis convaincu que nous verrons à La Haye des accusés, c'est-à-dire les visages de ceux qui se cachent derrière les crimes odieux qui ont secoué notre pays, et les soupçons que nous faisons peser sur la Syrie s’avéreront fondés", affirme Marwan Hamadé.

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