Accéder au contenu principal

À 40 ans, le marché de Rungis résiste toujours à la grande distribution

Il y a 40 ans, le marché des Halles, en plein coeur de Paris, était transféré à Rungis, au sud de la capitale. Depuis, ce point de rendez-vous des petits commerçants a conservé son titre de "capitale mondiale du frais". Malgré les crises.

PUBLICITÉ

AFP - Le Marché d'intérêt national de Rungis, qui fête mardi son 40e anniversaire, a réussi à conserver son titre de "capitale mondiale du frais" malgré l'explosion de la grande distribution ces dernières années et semble aujourd'hui peu affecté par la crise.

Chaque jour, ce sont en moyenne 6.000 tonnes de fruits, de légumes, de viande, de poisson qui transitent par le MIN de Rungis, soit 1,5 million de tonnes par an. Pour nourrir 18 millions de bouches, dont onze en région parisienne.

En période de fêtes, les secteurs de la volaille, des produits de la mer, peuvent doubler leurs volumes, selon la Semmaris, la société d'économie mixte qui gère Rungis.

Chaque jour aussi, ce sont 30.000 personnes qui vendent (1/3), achètent (1/3), préparent ou transportent (1/3) ces denrées.

Marché de gros, Rungis s'adresse avant tout aux petits commerçants travaillant en magasin ou sur les marchés, aux métiers de bouche (50% des acheteurs), ainsi qu'aux restaurateurs (15%).

Avec 7,6 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2007, "Rungis, capitale mondiale du frais", est "incontestablement le premier marché du monde", proclamait Marc Spielrein, président de la Semmaris, fin novembre, lors du lancement des festivités du 40e anniversaire.

Les chiffres 2008 seront connus en avril, selon Philippe Stisi, chargé des relations avec la presse. Mais "la crise n'a pas sensiblement affecté Rungis, dit-il. Seul changement, les acheteurs fouinent plus, à la recherche d'opportunités. A Rungis, il n'y a pas de cours fixé à l'avance, tout se négocie entre acheteurs et vendeurs".

Rungis a la particularité d'être "proche de l'agglomération parisienne, une agglomération mondiale", note M. Spielrein. En outre, la France est un pays "producteur" et, par "tradition gastronomique", également "consommateur de produits frais", ce qui explique les volumes qui transitent par le MIN et son chiffre d'affaires.

Le MIN est ainsi parvenu à résister aux assauts de la grande distribution et à la disparition des petits commerces qui s'approvisionnaient essentiellement à Rungis.

La grande distribution n'achète au MIN que des produits "très spécialisés", qui représentent un faible volume, comme "les oursins en période de fête", rappelait David Bourganel, directeur marketing et communication de Rungis, lors du lancement des festivités. "Dès que le volume d'achat est conséquent, la grande distribution négocie directement avec les producteurs".

Au total, la grande distribution contribue pour environ 10% au chiffre d'affaires de Rungis, ce qui "ne compense pas la diminution du commerce de détail", souligne M. Spielrein.

Ce qui compense, ce sont les nouveaux clients, ceux de "l'alimentation hors domicile (restaurants, restauration collective, NDLR) qui n'est pas servie par la grande distribution, et l'exportation qui représente 10% du chiffre d'affaires de Rungis, soit près de 800 millions d'euros", ajoute-t-il.

Enfin, Rungis a l'avantage de regrouper en un seul lieu tous les produits frais, "un atout considérable que beaucoup de marchés monospécialisés nous envient à travers le monde", selon M. Spielrein.

Le Premier ministre François Fillon se rendra mardi matin à Rungis à l'occasion ce 40e anniversaire, qui sera également marqué par une soirée de gala et des animations durant le printemps à destination des acheteurs. Enfin en septembre, se tiendra la réunion annuelle de l'Union mondiale des marchés de gros, en même temps que les quatrièmes Entretiens de Rungis.

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.