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Le LKP et l'État signent un accord mettant fin au conflit

Après 44 jours de grève générale, le LKP a signé avec l'État un accord visant à mettre un terme au conflit en Guadeloupe. Dans la foulée, Elie Domota, porte-parole du collectif, a appelé à "une reprise de l'activité" dans l'île.

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Le leader du LKP Elie Domota et le préfet Nicolas Desforges ont signé mercredi soir un accord appelant "à la reprise de l'activité normale" en Guadeloupe, après 44 jours de grève générale, tandis qu'en Martinique les négociations continuaient.

"Les signataires appellent à la reprise de l'activité normale", indique ce document, obtenu auprès de la préfecture.

La signature a eu lieu vers 20H00 locale, dans la salle du Port autonome de Pointe-à-Pitre, où ont eu lieu l'essentiel des négociations. A l'extérieur du bâtiment, plusieurs centaines de sympathisants du LKP étaient rassemblés. Avant d'aller signer, les ténors du collectif leur avaient lu les principaux points de l'accord approuvés par des applaudissements.

Ce texte, extrêmement détaillé, compte 165 articles, et traite de sujets aussi divers que le prix de la baguette, l'embauche d'enseignants ou l'octroi de billets d'avions à prix réduits. Il récapitule les avancées obtenues depuis le dépôt, le 20 janvier, des 146 revendications du LKP pour accroître le pouvoir d'achat.

L'accord "Jacques Bino", signé par les organisations patronales minoritaires, qui prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires, lui est annexé.

[Sur l'antenne de FRANCE 24, Elie Domota s'est réjoui du dénouement du conflit : "Face à l'État qui s'était désengagé, face aux entreprises qui n'ont rien voulu lâcher, il a fallu tenir et c'est tout à l'honneur du peuple guadeloupéen".]


"Aujourd'hui, c'est la lutte qui paye", a réagi M. Domota, à l'issue de la signature : "il faut continuer à rester mobilisés et continuer à se battre".

 
"Nous militons toujours pour l'extension de l'accord (Bino) dans toutes les entreprises de Guadeloupe", a-t-il souligné.

Dimanche, il avait dit son intention d'aller "d'entreprise en entreprise" pour faire signer l'accord qui a notamment été rejeté par le Medef. Entre temps, l'organisation patronale avait fait un pas, son président guadeloupéen ayant "recommandé" à ses membres de "verser des primes de vie chère qui évolueront entre 50 et 100 euros".

Elie Domota, qui a porté le mouvement de contestation en Guadeloupe, au point d'en devenir la figure emblématique, a dit ne ressentir "aucune émotion particulière", à la signature de l'accord.

"Ce sont les Guadeloupéens qui aspirent à transformer la vie et nous les accompagnons dans cette mission", a-t-il conclu.

Le préfet Nicolas Desforges s'est lui dit "soulagé, ému et content". "C'est un moment important", a-t-il jugé. "On en sort par le haut avec un document de 17 pages qui est un document de programme extrêmement important".

"Je crois aussi que ce soir c'est un nouveau départ qu'il faut donner à la Guadeloupe", a-t-il dit. "Il faut qu'elle se remette au travail dès demain, qu'elle rattrape le retard, qu'elle mette les bouchées doubles".

Sans attendre la signature de l'accord, la vie reprenait lentement son cours mercredi à Pointe-à-Pitre, même si beaucoup d'entreprises restées fermées.

Le paiement des jours de grève, ni explicitement acquis, ni proscrit par l'accord, semble laissé à la négociation au sein des sociétés.

Le texte recommande simplement que "des réunions soient organisées entre l'autorité d'emploi, les agents et les organisations syndicales représentées dans l'administration et les entreprises concernées, avant toute retenue".

En Martinique, qui sera en grève générale depuis un mois jeudi, les négociations se prolongeaient mercredi soir. La plupart des magasins demeuraient fermés et les barrages paralysaient toujours l'activité économique.

A plusieurs milliers de kilomètres, un nouveau front s'est dessiné, un collectif rassemblant une quarantaine d'organisations appelant les Réunionnais à descendre dans la rue jeudi pour une importante journée de grève.

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