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CHINE

Des journalistes de France 24 interpellés à la frontière avec le Tibet

Texte par : Sébastien LE BELZIC
3 min

À défaut de pouvoir entrer au Tibet, les reporters de FRANCE 24, Sébastien Le Belzic et Henry Morton, se sont rendus dans la province du Sichuan, pour y rencontrer des Tibétains. Au grand dam de la police...

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Lundi 9 mars, arrivée à Chengdu. Et déjà un avant-goût de ce que nous allons trouver sur place. Dès la sortie de l’avion, contrôle des papiers. Une hôtesse de l’air nous glisse que la police recherche les étrangers souhaitant se rendre au Tibet.


Chengdu est une ville de 12 millions d’habitants, la capitale de l’une des plus grandes provinces de Chine, grande comme la France, et où vit une importante minorité tibétaine.


Le mur du silence


Nous sommes au pied de l’Himalaya et les principales artères qui montent vers Lhassa sont tout simplement bloquées par d’imposants barrages militaires. On ne passe pas. Tous les véhicules qui descendent du Tibet sont aussi fouillés par l’armée à la recherche d’explosifs.

  

La tension est palpable. Nous tentons l’ascension du monastère de Bayian, sur les hauteurs de Chengdu, à deux heures de route. En pleine nuit, à la lueur des torches, nous gravissons les milliers de marches qui mènent au monastère.

 
Déception à l’arrivée. Personne ne veut nous parler. On nous informe que les autorités locales leur ont demandé de se tenir à l’écart des journalistes. Le mur du silence.


Eclairé par les sirènes de police


A Chengdu, c’est le même scénario dans le quartier tibétain. D’habitude vivant et coloré, il n’est aujourd’hui éclairé que par les sirènes des voitures de police. Les rideaux de fer sont tirés et la plupart des restaurants ont fermé. Des officiers en arme et des policiers en tenue antiémeutes sont positionnés à tous les carrefours. Cela ressemble à un couvre-feu qui ne dirait pas son nom.


Nouveau contrôle de police en pleine rue. On nous interdit de filmer et même de pénétrer dans le quartier tibétain. Nous retentons notre chance à l’aube. Cette fois, nous passons les contrôles de sécurité et arpentons le quartier.


Un moine accepte de nous parler. Nous allons chez lui à l’étage. Il tient depuis sept mois un restaurant tibétain. Il est un peu réservé sur le sens de notre visite et ne veut pas parler politique. Nous souhaitons simplement qu’il nous raconte son quotidien. “Si je suis trop négatif, je vais avoir des problèmes avec la police, si je suis trop positif alors ce sont mes frères tibétains qui seront contre moi”, nous explique-t-il.


Il joue avec son téléphone portable nerveusement. Bruits de bottes dans l’escalier. La porte est forcée. Une vingtaine de policiers sont là, certains armés et casqués. Ils nous ordonnent d’arrêter de filmer et nous oblige à sortir.

 

“Le sujet est délicat", nous explique un agent. "Le sujet est interdit”, assure son supérieur qui, d’un ton agressif, nous ordonne de quitter les lieux et de le suivre au poste de police.


Je lui demande si nous sommes en état d’arrestation. Nouvelles discussions. Ils se ravisent et nous demandent d’attendre dans une pièce, à l’écart. Quatre agents nous surveillent. Finalement, leur chef débarque, visiblement très agacé par notre présence. Il s’en prend à ses agents, les accuse de nous avoir laissé pénétrer le cordon de sécurité. Après moult vérifications, il finit par fouiller nos sacs et nos notes. Puis nous demande de partir et de ne pas essayer de revenir roder sur place.


Curieusement, après cette vérification, notre chauffeur refusera de nous conduire à l’extérieur de Chengdu. La police lui a interdit de nous transporter. Elle le menace de saisir son véhicule et de lui infliger une amende équivalente a 2 000 euros. Le 50e anniversaire de l’exil du dalaï-lama se passera ici. Dans le calme. Mais sous trés haute surveillance.

 

 

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