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Le Salon du livre de Paris traverse une crise de croissance

Le Salon du livre de Paris, qui célèbre le Mexique cette année, ouvre ses portes jusqu'au 18 mars. Alors que l'édition française résiste bien à la crise, sa plus grande vitrine, à l'approche des 30 ans, vit une année charnière.

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"Un doute plane sur l’avenir du Salon du livre de Paris." A quelques jours de son ouverture - du 13 au 18 mars au Parc des expositions de la porte de Versailles -, l’affirmation de Christine de Mazières, déléguée générale du Syndicat national de l’édition (SNE), fondateur de l’événement, est tombée comme un couperet dans le journal "Le Monde" daté du 3 mars dernier.

 

"Pour la première fois, nous n’irons pas au salon", explique Alain Carrière, des éditions du même nom, car "il est devenu une sorte de grande surface dans laquelle nous sommes un peu perdus. Les retours par rapport aux investissements humains et financiers ne sont pas assez visibles. Nous avons préféré privilégier les tournées en province avec nos auteurs et les déjeuners avec les libraires." Même problématique chez L’Association - éditeur de bandes dessinées pourtant en bonne santé grâce à la présence d’auteurs comme Marjane Satrapi sur son catalogue : "Si nous n’avions pas été accueillis sur le stand de notre distributeur, Le Comptoir des indépendants, entourés d’une douzaine d’autres éditeurs avec lesquels nous partagerons les pertes, nous n’y serions pas allés."

 

Alors, moribond le Salon du livre ? "Non, nous n’avons pas d’inquiétude sur sa survie. Nous conservons notre budget [7 millions d’euros], notre surface de 50 000 m2, nos plus de 400 stands, 3 000 auteurs, 500 conférences, 1 200 éditeurs…, tient à préciser Christine de Mazières. Seulement le monde change et nous devons rajeunir. On se pose des questions sur les manières d’évoluer et de nous améliorer. Sans cacher que 2008 a été une année difficile."

 

Facebook, Twitter, Cali et Douglas Kennedy

 

Mettre à l’honneur Israël fut en effet un épisode douloureux : une sécurisation à outrance, le boycott des pays arabes, une alerte à la bombe… La fréquentation a chuté de 8 %. "2009 est une année charnière, nous voulons retrouver notre place de principale tribune de communication de la profession, continuer d’être le rendez-vous des grands lecteurs mais aussi attirer plus de visiteurs, que le public nous donne le signal que le livre est une valeur refuge en temps de crise", explique la directrice générale.


Pour relever la barre, Bertrand Morisset, commissaire général de l’événement de 1998 à 2002, a été rappelé à son poste. Ses méthodes : répondre à tous les besoins, élargir l’offre en multipliant les partenariats et occuper tous les terrains de l’information, des médias traditionnels en passant par Facebook ou Twitter. Il énumère les atouts de l’édition 2009 : "Une visibilité accrue pour les exposants ; des liens interprofessionnels renforcés ; des débats pointues sur les droits d’auteur ou le numérique ; l’ouverture d’un marché du scénario ; la gratuité pour les mineurs et les étudiants de moins de 26 ans ; 14 000 chèques-lire distribués ; des happenings auxquels participeront Cali ou Kery James ; la star du manga Atsushi Ohkubo…"

 

Sans oublier les milliers de séances de dédicaces, avec le prix Goncourt Atiq Rahimi, le romancier culte Douglas Kennedy, la militante Nancy Houston, la chanteuse Cesaria Evora ou la socialiste Ségolène Royal. Le tout aux couleurs chatoyantes du Mexique, invité d’honneur d’où arriveront les plus grandes plumes, dont le doyen Carlos Fuentes.


Le doute semble avoir cédé à l’optimisme. "Les inscriptions des scolaires ont progressé de 25 % et nous attendons 200 000 visiteurs", se réjouit la responsable du SNE. De là à imaginer que l’alerte donnée dans les colonnes du Monde était destinée à bousculer le ronron du salon…
 

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