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OUTRE-MER

Fin du conflit social en Martinique

3 min

Après 38 jours d'un mouvement social historique contre la vie chère, un protocole de sortie de crise a été signé à l'unanimité en Martinique. Le mot d'ordre de grève a été levé.

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AFP - La Martinique est officiellement sortie samedi d'un mouvement social historique avec la signature unanime d'un protocole d'accord global, mais elle doit maintenant s'atteler à sa reconstruction.

Au 38e jour de mobilisation menée par le "Collectif du 5 février", ce document signifie la levée du mot d'ordre d'une grève qui a paralysé l'économie et fragilisé nombre d'entreprises.

Le Collectif "se réserve le droit de repartir en grève si les accords signés ne sont pas respectés ou que les négociations entamées traînent en longueur", a précisé à l'AFP Michel Monrose, son président.

Le protocole de sortie de crise acte en effet la vingtaine d'accords déjà aboutis (salaires, prix, banques, assurances, etc.) mais liste aussi les sujets encore en négociation (agriculture, environnement, minimas sociaux, matériaux de construction, etc.).

Outre les différentes composantes du Collectif, les organisations patronales et socio-professionnelles, les collectivités territoriales (région, département, communes), les parlementaires et les représentants de l'Etat ont signé ce document inédit.

Dans la rue et sous les fenêtres de la préfecture où se déroulait cette réunion plénière empreinte de solennité, des milliers de manifestants arborant le T-shirt rouge du Collectif chantaient "Matinik lévé" (Martinique debout, en créole) entraînés par les tambours.

Entre 7.000 personnes (police) et 15.000 (organisateurs) ont fait le tour de la ville pour accompagner, comme cela en était devenu l'habitude, les membres du Collectif.

Juste avant que les parapheurs circulent, l'allocution de M. Morose a été chaudement applaudie par les dizaines de membres du Collectif présents dans la salle qui ont repris en choeur "Matinik lévé", tandis que les représentants du patronat qui leur faisait face se levaient à leur tour, la mine grave, à l'exception du président du Medef local, Patrick Lecurieux-Durival.

Ce dernier a expliqué à l'AFP qu'il "ne pouvait s'associer à un mouvement qui a détruit une bonne partie des capacités économiques" de l'île.

Pas moins de 800 dossiers de demande de chômage partiel ont été déposés et le Medef a pronostiqué au moins 10.000 suppressions d'emplois pour 2009, sous les effets conjugués de la crise mondiale et du mouvement.

Pour Alexandre Richol, président de la CGPME, "c'est l'aboutissement d'un mois de discussions et le début de beaucoup de chantiers".

"On ne peut plus voir l'entreprise comme une entité qui doit exclusivement dégager des profits mais aussi prendre en compte sa dimension sociale", a analysé M. Richol.

Le préfet Ange Mancini a souligné un "mouvement d'une ampleur sociétale sans précédent qui fait que rien ne sera plus comme avant".

"La Martinique s'est parlée autrement pour mieux préparer son avenir économique, social et cutlturel, dans le respect de toutes ses composantes et de sa diversité qui en font sa richesse", a insisté M. Mancini.

Il a salué "le sens des responsabilités qui a toujours prévalu ce qui a évité un drame et permis de gérer au mieux les conséquences du conflit pour la population".

Les cinq semaines ont été émaillé de deux poussées de violence (24-25 février et 6 mars) qui n'ont fait que des blessés légers. Et si la Martinique a été placée en "situation de crise majeure en matière sanitaire et sociale", la réponse d'urgence et les compromis trouvés avec le Collectif ont permis d'éviter toute catastrophe.

Le Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer, Yves Jégo, s'est réjoui "de la perspective d'un retour à une activité normale dans les Antilles", après la signature du protocole.

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